L’histoire du MTB Slopestyle

Le dirt version grandes roues pour plus de sensations et de spectacle

Depuis l’invention du vélo tout-terrain à la fin des années 70 par Joe Breeze dont le but était uniquement de pouvoir emprunter des routes de montagnes et sentiers escarpés, le VTT (ou MTB pour les anglophones) a parcouru pas mal de chemins. L’idée et l’envie de réaliser des figures avec ce vélo trottaient inévitablement dans la tête des vttistes car le BMX avaient déjà pris pas mal d’avance sur ce terrain.
Et une fois que les pilotes avaient compris qu’on pouvait faire les mêmes tricks en mountain bike qu’en BMX, alors c’était parti pour créer une nouvelle discipline appelée Slopestyle. Le concept est le même qu’en BMX Dirt, des grosses bosses en terre à sauter, mais on y ajoute des modules en bois et parfois des éléments urbains. Souvent, le parcours démarre par un gros saut en descente et le but est de réaliser le plus de figures possibles avec une notion de style, d’amplitude et de difficulté.

La différence majeure avec le BMX est principalement la taille de la monture car les VTT ont des roues de 26 pouces en général (ça va jusqu’à 29″). Des roues bien plus grandes mais aussi un vélo plus adapté aux routes de montagne donc plus imposant et surtout le VTT a des suspensions et un guidon plus bas. Ce qui le rend moins maniable que le BMX qui a plus de réactivité mais le slopestyle a plus de caractère et de style et permet plus de possibilités sur terrain accidenté. On pourrait difficilement réussir l’épreuve du Red Bull Rampage avec un 20 pouces par exemple.
Le MTB gagne en prestance et amplitude, ce qu’il perd en nervosité et technicité. Beaucoup de riders passent cependant du BMX au MTB car se sont des sensations différentes et permet aussi de prendre plus de hauteur. Sans compter un meilleur atterrissage car les chocs sont amortis sur un vélo tout suspendu, ce qui rend le ride plus agréable.

Les tricks les plus fous sont réalisés comme le back ou front flip, le cork ou le cashroll, des rotations dans tous les sens, souvent doublées quand ce n’est pas triplées. On se souvient du rider espagnol Adolf Silva qui avait créé la surprise en juin 2017 aux Masters of Dirt en Autriche où il avait réussi un superbe triple backflip alors qu’il n’avait que 19 ans !
La plus grande compétition de slopestyle au monde est le Crankworx World Tour qui a lieu dans plusieurs pays différents (Red Bull Joyride à Whistler au Canada, le Crankworx des Gets en France et le Crankworx d’Innsbruck en Autriche) et cette discipline était aussi présente au FISE de Montpellier de 2008 à 2019.

 

Red Bull Rampage

Certains riders marquent leur époque mais parfois c’est l’événement lui-même qui participe à en faire une légende. Red Bull fait rarement dans la dentelle quand il s’agit d’organiser une compétition et n’est pas du genre à se fixer des limites. Le Red Bull Rampage fait froid dans le dos rien qu’à l’évoquer car on parle de conditions extrêmes pour un sport qui l’était déjà bien assez. Un mix de freeride, freestyle et de downhill dans le parc national de Zion (Utah, USA) avec des pentes ultra raides et des gros sauts à effectuer pour en sortir. De loin, le contest le plus impressionnant et démesuré de cette discipline. Les concurrents ont droit à trois lignes au choix et la possibilité de modifier le tracé mais en plus d’une vue époustouflante, tout est extravaguant dans cette épreuve, la difficulté, les tricks et les risques.
Le double backflip du français Antoine Bizet en 2016 ou encore le monstrueux gap backflip de Cam Zinc en 2013 ont marqué d’une pierre blanche cet événement incontournable du VTT dans ce décor exceptionnel et désertique de l’Utah. L’extrême dans toute sa splendeur.

Trois grands noms

Nicholi Rogatkin
Âgé de seulement 25 ans, Nicholi Rogatkin a un palmarès aussi impressionnant que ses tricks. Le pilote originaire du Massachusetts (USA) commence sa carrière à 5 ans. Ce prodige du BMX passe au MTB en 2013 ans et devient professionnel la même année. Il enchaine les podiums avec pas moins de 25 victoires sur les compétitions majeures. En 2018, il fait une saison exceptionnelle et devient le premier rider à remporter la Triple Crown du Crankworx World Tour (les trois plus grosses compétitions mondiales). Avec des tricks comme le « Twister » qui est une sorte de 1080° (rotation de 3 tours) combiné avec un front flip, l’américain ne laisse pas beaucoup de chances à ses concurrents.

Brett Rheeder
Originaire de l’Ontario, Brett Rheeder a tout gagné et il est unanimement reconnu comme le plus grand rider de slopestyle de tous les temps. À 28 ans, le canadien a déjà remporté sept fois le Crankworx et quatre titre de champion du monde de slopestyle. Si on ajoute à ça une médaille d’or aux X-Games et une victoire au monstrueux Red Bull Rampage, Brett peut d’or et déjà se vanter d’avoir une belle carrière dans cette discipline du VTT Freestyle.

Brandon Semenuk
Trois victoires au Red Bull Rampage (2008, 2016 et 2019), ça force le respect. Âgé de 30 ans, le rider canadien multiplie les titres depuis plusieurs années et entre un peu plus dans l’histoire du VTT freestyle à chaque épreuve. Brandon a grandi dans la capitale du VTT freeride, à Whistler en Colombie Britannique et à 6 ans, il suivait déjà les traces de son grand frère en découvrant le MTB. Après quelques années de compétition en cross-country, il opta finalement pour le slopestyle et le downhill en 2005 et on peut dire qu’il a fait le bon choix car depuis, il collectionne les médailles (triple vainqueur du Freeride Mountain Bike World Tour en 2011, 2012 et 2014).

Sans oublier Sam Pilgrim, Yannick Granieri, Louis Reboul, Thomas Lemoine, Andreu Lacondeguy ou encore Szymon Godziek qui sont aussi des grandes stars de la discipline.

Crédit photo © Redbull content pool

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Photo du haut © Fraser Britton/Crankworx