Shahla Yasini, la première femme surfeuse d’Iran
Tandis que la guerre fait rage au Moyen-Orient depuis plusieurs jours, une question se pose parmi tant d’autres. Shahla Yasini est-elle encore en vie ?
On évitera de porter un jugement hâtif, de choisir un camp ou de donner un avis erroné suite aux informations, vraies ou fausses colportées par les médias. On se doute que les USA ont bombardé l’Iran pour les empêcher d’obtenir la bombe nucléaire qui n’aurait eu qu’un seul et unique but, détruire Israël. Mais on est sur de rien et rien ne dit que tout ça soit vrai donc on reste sur notre ligne éditoriale et nous allons aujourd’hui vous parler d’une pionnière, une véritable héroïne des temps modernes. Shahla Yasini.
Shahla n’est pas une femme comme les autres. Ce qui la rend spéciale est le fait qu’elle est la première femme surfeuse d’Iran. Pas la meilleure, mais la toute première.
Le surf est né en Iran grâce à plusieurs femmes. Des femmes qui font partie de ce peuple iranien en révolte aujourd’hui. Shahla Yasini mais aussi Easkey Britton, Marion Poizeau, Mona Seraji, ces noms méritent d’être mentionnés. Et comme vous pourrez le voir dans la vidéo tout en bas, il n’est pas simple de trouver des images de Shahla en train de surfer dans un pays où filmer une femme à la plage, quand il y a des hommes, est strictement interdit.
L’Iran est un grand pays – le sixième plus grand d’Asie.
Avec 90 millions d’habitants, c’est l’une des civilisations les plus anciennes et les plus riches sur le plan culturel au monde. Le territoire persan historique situé en Asie de l’Ouest a eu ses premières colonies urbaines vers 4 000 avant J.-C. Avant même l’invention de l’écriture.
L’Iran est également le berceau du polo et abrite 28 sites culturels et naturels du patrimoine mondial de l’UNESCO. Et en tant que l’une des nations les plus montagneuses de la planète, il n’est pas surprenant que ce soit une destination incontournable pour les snowboarders, les skieurs et les grimpeurs.
Le littoral désertique peu peuplé compte plusieurs petits villages de pêcheurs et de minuscules ports, et peut accueillir de très belles conditions pour des séances de surf. Le surf en Iran est alimenté par des vents de mousson réguliers du sud-ouest qui génèrent des houles constantes de 3 à 12 pieds en juin, juillet et août. En fait, l’Iran était une destinations touristiques très prisées avant les évènements de l’année dernière.
Les Iraniens sont considérés comme un peuple d’une richesse incroyable, qui ne veut qu’une seule chose, faire ses propres choix. Et la place des femmes dans cette société de l’ombre est indiscutablement nécessaire. Le visage de la révolte iranienne, entre les bombes et la République islamique, ce sont aussi elles.
Le surf est arrivé en Iran grâce cette femme dont voici l’histoire :
Shahla Yasini, une femme Baloutche, a grandi dans le sud-est de l’Iran, la province, la plus pauvre du pays, Zahedan. Ici, les femmes restent loin de la plage et leur place est au foyer avec aucune chance de rêver autrement. Une femme peut même être arrêtée pour avoir montré ses cheveux.
En 2013, une Irlandaise et une Française arrivent avec des planches de surf sur la plage et Shahla monte dessus. C’est là que tout a commencé pour elle.
Elle surfe avec un hijab complet, des vêtements qui s’alourdissent dans l’eau sous une chaleur écrasante. Ce qu’un surfeur fait en short, elle le fait habillée de la tête aux pieds et elle revient à l’eau chaque jour. Elle enseignait le surf aux enfants du village avec son son club qui grandit et en 2016, l’Iran devient même le centième pays membre de l’instance mondiale du surf.
Une photo dans le magazine Vogue montre Shahla, une surfeuse en foulard bleu avec une planche de surf bleue. L’image fait le tour du monde. Au début, le régime iranien la soutient, car une femme qui surfe en hijab, c’est une très bonne propagande. Jusqu’en 2019, quand le gouvernement crée sa propre fédération de surf et interdit de photographier hommes et femmes ensemble à l’eau. Ils reprennent progressivement le contrôle de ce que Shahla et les autres avaient construit librement, ce qui était un espace de liberté devient un outil du régime.
En décembre 2025, l’Iran s’embrase, des millions d’Iraniens manifestent dans les rues, la répression est brutale et fait des milliers de morts.
Le seul spot de surf d’Iran est frappé lors des bombardements du 28 février 2026, il y a quelques jours. Depuis nous n’avons plus de nouvelles de Shahla, considérée comme un des visages de la révolution populaire.
La première femme qui a appris à tenir debout sur une vague et face à la répression de la République islamique et des gardiens de la révolution.
Un jour, elle a dit que les femmes devraient surfer sur une vraie vague de liberté. Mais cette vague-là, elle n’est pas encore arrivée.
Plus d’infos sur Shahla sur www.instagram.com/surfshahla
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