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Enquête sur les Puits de la Mort en Inde

Le monde se divise en deux catégories, comme dirait ce bon vieux Clint Eastwood. Ceux qui pensent que c’est complètement débile à cause des risques encourus et ceux qui rêvent d’essayer car, niveau sensations fortes, ça doit être bien sympa et ça doit bien picoter au niveau du bas-ventre. 

Le Wall of Death est une attraction bien connue, on en voit un peu partout, surtout aux USA. Des types qui roulent sur un mur vertical en se servant de la force centrifuge pour annuler la gravité grâce à la vitesse. Rien de foufou et, perso, je peux faire ça tous les matins au petit-déj, même avant mon café.

Mais là, on est en Inde. Pays le plus peuplé au monde et pas l’un des plus riches. Et si j’ai l’habitude de vous parler du fameux concept de « Ride or Die », et de ces gens un peu barrés qui défient la mort pour se sentir vivants, là, il ne s’agit pas de philosophie ni de donner un sens à sa vie en bravant le danger. Dans cette fête foraine de Solapur, il s’agit juste d’un boulot comme un autre.  Les cascadeurs enchaînent des figures incroyables sur deux ou quatre roues, parfois debout sur le guidon de la moto ou sur le toit de la voiture !

L’enquête de nos confrères de France 24

Appelé par les locaux « Puits de la mort », ces attractions sont très populaires en Inde, mais bientôt interdites vu la dangerosité de l’activité. Les spectateurs déboursent quarante roupies (50 centimes d’euro) pour voir de vieilles voitures et des motos rafistolées rouler sur un mur de dix mètres de hauteur, vingt fois par jour et onze mois dans l’année. Le tout sans aucune protection, pas même un casque. Le danger est surtout que tourner en rond donne vite le tournis, quand ce n’est pas le vertige, et les accélérations peuvent aussi faire perdre connaissance (à cause de la gravité).
Chaque erreur peut être fatale, mais c’est un gagne-pain indispensable pour ceux qui organisent ces courses folles. Chaque pilote gagne 6,50 € par jour pour risquer sa vie devant un public ébahi et survolté. En Inde, c’est beaucoup d’argent. 

Il y a bien quelques chutes ou accrochages de temps en temps, mais jamais de morts ou blessés graves. Les conducteurs sont bien entraînés et savent parfaitement ce qu’ils font. À l’image de Radha, une femme pilote, qui pratique depuis une vingtaine d’années maintenant et n’a jamais eu un seul accident. 

Une attraction également popularisée par le rappeur et chanteur indien Hanumankind, qui a tourné un clip en plein cœur du silo (voir en dessous) avec pas moins de 312 millions de vues. Une belle publicité pour ces « murs de la mort », mais qui ne plaisent pas vraiment au gouvernement. L’État tente de les arrêter et cette foire de Solapur a maintenant déménagé dans l’État du Maharashtra, pas loin de Mumbai, au centre-est de l’Inde.

Manu Massabova

BMX Pro Rider depuis 1986. Rédacteur spécialisé dans les sports extrêmes depuis 1999.