Entretien avec Alban Aubert, l’aventurier de la gravité
Alban Aubert est un passionné d’aventures, de voyages et de sensations fortes ; il en a même fait son métier.
Son défi est de dévaler, à fond la caisse, les plus belles montagnes de la planète en établissant un record du monde au passage, comme celui du plus grand dénivelé (5 078 m) sur les pentes du Chimborazo en Équateur. Pionnier de la discipline du VTT Gravity (qui combine le freeride et le downhill), avec notamment la première descente du volcan Avachinsky à Kamtchatka en Russie, ou encore cette première en VTT électrique à 6 000 mètres à Laguna Blanca, en Argentine.
Véritable globe-trotter de l’expédition extrême à vélo, l’aventurier suisse a bien voulu répondre à notre petit questionnaire.

Une petite présentation pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Je suis un rider Gravity, basé en suisse, je suis dans le milieu depuis plus de 25 ans maintenant.
Tu te considères plus comme un rider de DH ou un aventurier ?
En fait, plutot comme un rider qui aime descendre et découvrir de nouveaux endroits.
Tu peux nous parler de tes records ?
Alors le premier, qui est toujours valable, c’est la plus longue descente du monde avec 5072 mètres de dénivelé en un jour sur des sentiers. C’était un 2007 sur les pentes du Chimborazo en Equateur. Ensuite, j’avais établi un record de dénivelé en 12 heures avec 27365 mètres à Châtel. Ce record a depuis été amélioré par un allemand.
Duquel tu es le plus fier ?
C’est difficile d’en choisir un. Le dénivelé en 12 heures a du sens pour moi, car c’est une des rares performance physique pure que j’ai réalisé. Après, le Chimborazo est quelque chose d’unique et qui a été une expérience incroyable. Alors je dirais Châtel pour la performance et le Chimborazo pour le côté aventure.
Toi qui a beaucoup voyagé, quel est le pays qui t’as le plus marqué ?
C’est toujours difficile de choisir un pays. Car ca dépend toujours de quoi en parle. En terme de qualité des trails, je dirais que Whistler et la Colombie Britannique en général est incroyable. Pour le coté nature, je me souviendrais toujours de cette heure passée au bord du cratère d’un volcan avec René Wildhaber et Rob Rebholz a regarder et écouter la lave en éruption juste en dessous de nous. Pour la rencontre avec les gens, l’Iran a été magique. Un accueil incroyable ! Maintenant, en terme d’aventure pure, je dirais que la Papouasie Nouvelle-Guinée a dépassé tout ce que j’avais vécu. C’est le seul endroit du monde ou j’ai traversé un village ou aucun blanc n’était jamais allé. J’ai aussi vu les locaux allumer leurs cigarettes avec une loupe !

Comment te prépares-tu pour un trip en MTB DH ?
Alors pour la question physique, mis à part pour de la haute altitude (plus de 5 500 m), je n’ai pas de préparation spécifique. Je roule souvent dans diverses conditions. Pour la logistique, c’était compliqué il y a 4-5 ans pour acheminer les batteries des vélos électriques. Maintenant que la plupart des compagnies aériennes ne prennent même plus de vélos électriques (même sans batterie !), le problème se règle de lui-même et je reste en musculaire. Pour le reste de la logistique, on est chanceux à l’heure actuelle, quasiment toutes les infos se trouvent sur Internet. C’était très différent, même seulement 15 ans en arrière.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’y mettre ?
Pour moi, c’est comme tout. Il faut y aller par étape. Petit à petit. Et dès qu’on se sent à l’aise dans ce qu’on a fait, on peut aller chercher une limite supérieure.
Quand tu n’es pas sur le vélo, tu es prof, c’est bien ça ? Qu’est-ce que tu enseignes ?
Exact. Les deux à mi-temps. Je suis aussi prof d’éducation physique.
Niveau matos, tu roules sur quoi maintenant ?
Je roule beaucoup sur le eOne-Eighty de Merida en électrique et le One-Sixty FR en DH ou bikepark, avec lequel je roule actuellement à Whistler. J’ai la chance chez Merida d’avoir le choix et les deux sont en aluminium. Ecologiquement, je trouve que l’aluminium est beaucoup mieux.
As-tu été tenté par d’autres disciplines du vélo ?
J’ai un peu tout fait, à part du cyclo-cross (route, piste, XC, enduro, …) Mais c’est le VTT gravity qui garde ma préférence.
Quels sont tes projets aujourd’hui ? Tes prochains défis ?
J’en ai deux, Retourner en Afrique pour découvrir de beaux sommets et retourner une fois à 6000 mètres.
Est-il facile de vivre de sa passion pour un athlète suisse ?
Jusqu’avant le Covid, ça allait bien. Maintenant c’est plus compliqué au vu de la situation économique dans la branche !
Un message à faire passer ?
Le principal serait d’essayer de convaincre les gens de suivre leurs envies. Quoique les autres disent et même si vos envies ne sont pas tendances sur les réseaux sociaux : Faites ce qui vous fait vibrer !
Des gens à remercier ?
Un merci à la personne qui partage ma vie (Julia), mes parents, toute l’équipe de Bike Attitude avec un clin d’oeil aux autres fondateurs : Brice et Seb, mes partenaires : Merida (Simon et la famille Bernasconi), SR Suntour (Hoshi et Stéphane), Julbo (Lucie et Clément), TSG (Nadja et Ruedi qui est parti trop vite!) Dakine (Julien, Christian et Chico), les autres partenaires qui m’ont accompagnés à un moment donné et tous les riders et photographes avec qui j’ai partagé de bonnes sessions !
À LIRE AUSSI :
– L’histoire du MTB Slopestyle
– Entretien avec Pierre Colsenet

