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Le BMX, entre passion et réalité

Rester sur son vélo… Ce n’est pas simplement une question d’équilibre physique. C’est un équilibre intérieur, une danse constante entre la persévérance et le doute, entre la chute et l’élévation.
Chaque figure, chaque mouvement, est un acte de foi. Un dialogue silencieux entre le rider et la gravité. Rien n’est facile. Tout est conquis à la force de la répétition, de la douleur, de l’obstination.

Au cœur de tout cela, il y a une force motrice : la passion.
Une pulsion brute, profonde, indomptable. Elle ne se résume pas en mots, elle brûle. Elle t’habite, elle t’obsède. C’est elle qui te pousse à sortir rouler sous la pluie, à l’aube, ou tard dans la nuit, quand la ville dort et que le bitume devient ton sanctuaire.
C’est elle qui te pousse à recommencer des dizaines, des centaines de fois, pour atteindre ce bref instant de grâce.
Ce moment suspendu où tout s’aligne, où ton corps, ton esprit et ton vélo ne font plus qu’un.

Mais la réalité, elle, ne se nourrit pas de passion. Elle exige des comptes, elle impose ses règles, ses contraintes, ses échéances. Parfois, le BMX te permet de vivre, de créer, de construire quelque chose de tangible. Et parfois, il ne te laisse que l’usure du bitume, des mains calleuses, et une solitude que seuls les vrais passionnés peuvent comprendre.

Et puis un jour, la question surgit. Elle ne hurle pas. Elle chuchote. Mais elle finit toujours par s’infiltrer :
Est-ce que je continue ?
Est-ce que je poursuis ce chemin incertain, fait d’ombres et de lumière ?
Où est-ce que je me range, que je rentre dans le moule ?

Mais rentrer dans le moule… Ce n’est pas seulement abandonner un rêve.
C’est trahir une part essentielle de soi. C’est accepter de jouer un rôle dicté par les attentes des autres. C’est vivre une existence qui ne te ressemble pas, calibrée, standardisée. C’est étouffer cette voix intérieure qui crie pour plus de liberté, plus d’authenticité.

Un jour, la réponse m’est apparue, limpide, évidente :
Le plus important, c’est d’être là, sur un parking, avec mon vélo. Le reste… n’a aucune importance.

Parce qu’à cet instant précis, je ne suis pas un salarié, un numéro, un pion dans un système. Je suis moi. Vrai. Brut. Aligné.

Ce vélo, ce n’est pas un simple objet.
C’est mon médium. Mon langage. Mon souffle. Mon outil de résistance.
Il incarne ma liberté, ma vérité, ma volonté farouche de vivre autrement.

Le BMX, ce n’est pas un loisir. Ce n’est pas une mode passagère.
C’est une philosophie de vie. Un choix conscient de marcher à contre-courant.
C’est une forme de poésie en mouvement, un art de la persévérance.
C’est une rébellion douce contre la norme, contre la facilité, contre l’effacement de soi.

Mustapha Meghaizerou

 

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