Articles

Qui sont réellement Angela Nikolau et Ivan Beerkus ?

« L’amour du risque ou le risque de l’amour », disait la chanson et la série éponymes…

Mercredi 1er juillet 2026, on pouvait lire sur un drapeau à 443 mètres du sol : « Lorsque le pouvoir de l’amour triomphera de l’amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix », un message de paix et d’amour délivré par un couple hors norme.

Vous ne pouvez pas ne pas avoir vu les images de ce duo d’intrépides qui est monté au sommet de l’antenne de l’Empire State Building à New York pour une demande en mariage insolite et extrême. Leur identité n’est un secret pour personne, car ils ont rapidement été reconnus. Il faut dire que ce sont des habitués de ce genre d’exploits. 
Ils ont été relâchés depuis, mais les chefs d’inculpation sont nombreux : cambriolage, mise en danger de la vie d’autrui, dommages criminels, violation de la loi, possession d’outils de cambriolage, falsification criminelle, intrusion criminelle et trouble à l’ordre public. Bref, l’amende va être plutôt lourde. 
Angela Nikolau et Ivan Beerkus sont les auteurs de cet exploit en hauteur, et nous les connaissons bien à la rédaction, car cela fait plus de 10 ans qu’on relate leurs exploits illégaux. Les deux tourtereaux résident maintenant à New York, mais ils sont d’origine russe. Ils sont connus pour escalader tous les types de buildings ou antennes à des hauteurs vertigineuses sans cordes ni équipement de sécurité.
La question que tout le monde se pose est bien : pourquoi prendre de tels risques ? 

Ce couple n’est pas un cas isolé et ils pratiquent une discipline très connue du rooftopping, ces personnes qui se promènent fréquemment sur les toits des immeubles et qui ont la chance de ne pas souffrir de vertige. 

Le « rooftopping » (parfois appelé « roofing » ) désigne l’ascension sans équipement de sécurité — généralement illégale — de toits, gratte-ciel, tours, grues, antennes, cheminées d’usine, etc. Un dérivé ou plutôt une dérive de la pratique du freerun-parkour, ces acrobates qui réalisent des figures extrêmes sur le mobilier urbain sans aucune aide ou matériel.
 Appelé aussi toiturophiles, ces trompe-la-mort prennent des risques insensés pour une photo ou une vidéo au sommet d’un édifice. Le nombre d’accidents mortels est assez impressionnant et devrait convaincre les plus réticents à faire attention avant de tenter ce genre de « prouesses ». Il y a aussi ceux qui pratiquent le « train surfing », c’est-à-dire qu’ils courent sur le toit d’un métro ou d’un train en marche. Là aussi, on déplore plusieurs accidents graves donc si vous tenez à la vie, ne tentez pas ça.

L’amour est-il plus fort que tout ? Le romancier romantique que je suis vous dira forcément oui, mais parfois, le jeu n’en vaut pas la chandelle et le danger peut vite venir jouer les troubles-fête.

La moindre erreur d’appréciation ou de proprioception et c’est la mort assurée, un pari sur l’avenir qu’Angela et Ivan relèvent depuis une décennie maintenant.
Faire des vues sur Youtube, engranger des followers et du buzz pour toucher des dollars, ou alors simplement la recherche d’adrénaline et se sentir vivant ? Les amoureux multiplient les performances de ce genre en escaladant les plus hauts buildings du monde pour montrer leur amour indéfectible au grand public et prouver qu’ils n’ont peur de rien. Chacun sa façon d’exprimer son art même s’il fait froid dans le dos, mais on sait aussi qu’ils sont très préparés à l’instar des wingsuiteurs, même si là aussi, le nombre de décès est impressionnant. Attention à la surenchère pour prouver son amour à l’autre en allant toujours plus loin, on sait généralement comment ça finit et ce n’est jamais une bonne nouvelle. 

En tant que magazine de sports extrêmes, on salue le courage du projet, car Angela Nikolau et Ivan Beerkus ont, une fois de plus, repoussé les limites du raisonnable, mais n’allez pas tenter ça chez vous, sans préparation physique, surtout pas. On vous aura prévenu. 

Les deux rooftoppers avaient même eu droit à un documentaire sur la chaine Netflix il y a deux ans, intitulé « Skywalkers: A Love Story » : 

À LIRE AUSSI : L’histoire du parkour – Freerun

Manu Massabova

BMX Pro Rider depuis 1986. Rédacteur spécialisé dans les sports extrêmes depuis 1999.