Interview : Guillaume Bolloré, double champion de France de para-escalade
A 37 ans, Guillaume Bolloré s’est trouvé depuis 2021 une nouvelle passion : la grimpe ! Le Lorientais est ainsi sportif de haut niveau en para-escalade. Par ailleurs professeur, le Breton s’est classé 15e mondial (catégorie RP3) de l’étape de Coupe du monde d’Innsbruck (Autriche), en juin 2026. Alors qu’une autre épreuve internationale se profile à Laval, fin août, nous avons voulu en savoir plus sur cet athlète handisport. Le double champion de France de para-escalade, anciennement 31e mondial en para-natation, s’est confié à Ride or Die en interview !
-Guillaume, peux-tu te présenter en quelques phrases à nos lecteurs ?
Je m’appelle Guillaume Bolloré, j’ai 37 ans et j’ai déjà eu deux carrières sportives de haut niveau. Je suis en effet un ancien nageur, j’ai été 31e mondial. Je n’ai pas pu atteindre l’équipe de France de para-natation, car il fallait figurer dans les douze premiers mondiaux. J’ai été nageur durant dix ans, avec sept entraînements par semaine. Je sais ce que représentent le goût de l’effort et la résilience.
Cette première vie sportive était compliquée. J’ai essayé d’atteindre une place que je n’ai jamais obtenu.
J’ai nagé de 20 à 30 ans avec 7 entrainements par semaine, mais il y a un temps pour tout. Je ne pourrais même pas te dire combien de longueurs j’ai réalisé durant ma carrière…
-Exerces-tu une activité professionnelle en parallèle ?
Oui, je suis professeur certifié, titulaire sur zone de remplacement (TZR). J’enseigne à des jeunes qui ont entre 10 à 21 ans, en collège, lycée et BTS. Je suis remplaçant car je fais partie de l’académie la plus vieillissante de France. En tant que petit jeune, je ne pouvais pas prendre des postes fixes, réservés pour les personnes avec une meilleure expérience. L’Education Nationale ne veut surtout pas recruter… Quand on est sportif para, on est obligés de travailler à côté, à la différence des valides qui peuvent vivre de leur sport, grâce aux sponsors.
-Peux-tu nous expliquer ton handicap et la manière dont il influence ta pratique de la para-escalade ?
J’ai un handicap congénital, issu d’un mauvais placement dans le ventre de ma mère. Ce n’est donc pas une maladie, mais un syndrome. J’ai un problème au niveau des hanches, je suis déluxé sur les deux hanches. Cela me cause des soucis articulaires et musculaires. J’ai du mal à marcher et à monter un simple escalier.
Dans ma pratique de l’escalade, je suis toujours obligé de tracter sur mes prises, afin d’emmener mes pieds à la bonne hauteur et les poser. C’est de cette manière que je réussis à monter mes voies. J’utilise très peu mes jambes, je fais tout à la force des bras.

Crédit photo Benoît Bernheim
« Je concours avec des mecs qui sont pratiquement valides » – Guillaume Bolloré
-Tu étais en catégorie RP2 et tu évolues désormais en RP3. Comment te situes-tu vis-à-vis des autres athlètes ?
Nous n’avons pas de catégories d’âge ou de poids, en para escalade. Les catégories sont établies en fonction du handicap. Effectivement, c’est très dur de trouver le même handicap que moi, c’est plutôt rare. Je suis « le cul entre deux chaises », RP2 ½. Je suis RP2 en national. En juin 2025, quand j’ai fait ma classification internationale à Innsbruck on m’a dit que j’étais RP3. Je me suis alors retrouvé avec des mecs qui sont pratiquement valides. Tu verrais les autres mecs grimper, par rapport à moi, c’est le jour et la nuit… Ils peuvent monter leur pied au niveau du genou ou de la hanche. Moi, je le monte au niveau de ma cheville… Forcément, cela crée un déséquilibre énorme entre nous. En para-escalade, les instances distinguent lors des testings l’articulaire et le musculaire. C’est complètement fou, car tu as besoin des deux pour grimper…
En juin 2025, j’ai été testé d’un point de vue articulaire, et on m’a dit que j’étais RP3.
Je me suis renseigné auprès de la Clinique du Ter, où exerce l’ancien kiné de l’équipe de France d’escalade valides. Il a occupé ces fonctions pendant 25 ans.
Il m’a dit de consulter les Dr Thoreau et Detaille, qui ont participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Le Dr Thoreau a confirmé qu’articulairement parlant, je suis RP3. En revanche, j’ai très peu de force musculaire. Elle m’a conseillé de refaire un testing international, car il y a une chance que je sois reclassifié RP2.
L’IFSC (International Federation of Sport Climbing, ndlr) a hélas refusé de regarder mon dossier, en invoquant un dépassement du délai imparti. Je n’ai donc pas pu connaître si d’un point de vue musculaire, j’étais RP2 ou RP3. Je le saurai en juin 2027. Je serai alors enfin fixé sur ma catégorie.
-Tu l’as dit, tu as été nageur pendant 10 ans, avec 7 entraînements par semaine. En quoi cela a-t-il été un atout pour ta reconversion en para-escalade ?
Cela a été un atout car j’ai développé énormément le haut du corps. Je nageais uniquement avec les bras, car je ne pouvais pas battre des jambes. Je me suis vraiment musclé, cela m’a aidé à développer ma grimpe et à m’adapter.
Normalement, grimper se fait sur les jambes et l’équilibre est primordial.
Moi, je ne peux pas me servir de mes jambes et j’ai encore moins d’équilibre.
J’ai donc beaucoup compensé sur le haut du corps.
Les gens sont souvent surpris que j’aie obtenu des résultats si rapidement en para-escalade. Ayant déjà été athlète, en para-natation, je savais ce que c’était de se faire mal à l’entraînement, de se forger un mental. Un sportif de haut niveau ne le devient pas du jour au lendemain. J’ai fait preuve de résilience, d’adaptation.
Comme je le dis lors de mes conférences en entreprises, un handicapé ne doit pas être vu comme une charge, mais comme un atout. On a su surmonter des difficultés, auxquelles très peu de valides feront face au cours de leur vie.
-Quel a été le déclencheur pour te mettre à ce sport, en 2021 je crois ?
Après le Covid, j’ai eu de gros problèmes de santé, j’ai perdu toute ma masse musculaire. Ma femme, qui a été grimpeuse, m’a alors proposé de me mettre à son sport, l’escalade. J’ai commencé en effet en 2021. J’ai pratiqué trois ans avec les valides, puis j’ai voulu savoir quel niveau j’avais concrètement en para escalade. C’est de là que tout a commencé pour moi, avec ensuite mes premières compétitions.

Guillaume Bolloré, champion de France de para escalade, lors d’un entraînement dans la salle B’Wall, à Lanester, en 2025
(Crédit Photo Para Cordée)
« La para-escalade m’a rappelé mon enfance » – Guillaume Bolloré
-Qu’est-ce qui t’a immédiatement séduit dans la para-escalade ?
Il nous fallait un sport que l’on puisse pratiquer tous les deux, ma femme et moi. Elle m’a proposé le sien et m’a dit : « tente de le faire avec les muscles du haut du corps, tu es suffisamment développé pour réussir ». La para-escalade m’a surtout rappelé mon enfance. Je passais mon temps à grimper dans les arbres, et à y prendre énormément de plaisir. Et le plaisir a vite été retrouvé, en fin de compte !
-Dans quelle discipline évolues-tu en para-escalade ?
C’est une excellente question. Nous n’avons qu’une seule discipline, la difficulté.
On ne fait pas de bloc ou de vitesse, qui sont trop dangereux pour nous. Dans ces disciplines, si tu « fais un vol » en ratant une prise, un valide va pouvoir amortir le choc avec ses jambes. Moi, si je tape le mur, je perds mes deux jambes et je deviens paraplégique. D’ailleurs, mon syndrome est évolutif et dégénératif. Je sais que je vais perdre à terme l’usage de mes jambes. Je marche de moins en moins longtemps, même si j’essaie d’utiliser le moins possible mon fauteuil roulant. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que je suis toujours debout sur mes jambes… Je suis têtu comme un Breton (sourire) !
-Quelles émotions te procure la para-escalade ?
C’est un sentiment de liberté et d’inclusion. Le but est de faire comme les valides, c’est-à-dire d’aller chercher la prise qui est toute en haut (le top). Tu te sers de tes propres armes, mes deux bras pour ma part. La voie est tracée, ensuite que tu sois un valide ou un handi, tu dois d’adapter, lire la voie et aller le plus loin possible.
J’avais ces sensations aussi en para-natation, je glissais grâce à mon corps et ma force.
Là, c’est la même chose, j’ai mes deux bras et je dois grimper au plus haut, avec ce qu’on m’a donné. On m’a donné un haut du corps qui fonctionne très bien, alors j’y vais, je me dépasse avec les armes dont je dispose.

Crédit photo Mairie de Tarbes
« Mon objectif est de réussir à évoluer en no foot, sans mes jambes, dans les points difficiles de la voie » – Guillaume Bolloré
-Combien d’heures par semaine consacres-tu aujourd’hui à ton entraînement ?
Je suis à quatre entraînements de grimpe et beaucoup de préparation physique. J’ai été obligé de diminuer mes entraînements, car je me suis fait une tendinite à chaque coude en 2025. J’ai choisi un sport qui est très traumatisant pour le corps. Ce n’est pas pour rien que l’escalade est considérée comme un sport extrême ! Avec mon kiné Pascal François, nous sommes en train de renforcer mon corps, pour que je n’ai plus de tendinites.
– Sur quels aspects travailles-tu le plus aujourd’hui pour continuer à progresser ?
C’est une bonne question là-aussi, je travaille des points spécifiques. Mon objectif est de rapidement réussir à évoluer en « no foot », c’est-à-dire ne plus utiliser mes jambes. Dans les crux, autrement dit les points difficiles de la voie, je dois pouvoir me débrouiller sans mes jambes. J’étais en juin 2026 à Innsbruck, il y avait de gros dévers. Quand tu es dans un crux, le but est de ne plus poser le pied, et de le passer uniquement avec les bras. Je veux vite arriver à cette performance, que l’on est censés atteindre au bout de 8 à 10 ans de pratique. Si je suis reclassé en RP2 en juin 2027, je viserai immédiatement le Top 5 mondial. L’objectif sera d’être surpuissant dans les parties difficiles, pour les passer plus sereinement, en « no foot ».
J’ai déjà essayé le « no foot » en 2025, mais cela ne s’était pas très bien passé…
-Que t’étais-t-il arrivé ?
J’ai subi deux tendinites sur les bras, mais je n’étais pas encore encadré par Pascal François. Il me prépare vraiment à atteindre cet objectif du « no foot », sans me blesser.
Un soutien précieux pour Guillaume Bolloré : l’association Para Cordée
-Et au niveau mental, comment gères-tu la pression avant une compétition importante ?
Je suis plutôt assez solide, sans paraître trop prétentieux (sourire). Certains sont pétrifiés par l’enjeu, pour ma part je n’ai pas été plus impressionné que ça lors de ma première compétition internationale. Je me suis appuyé sur mon vécu en para-natation.
Je fais partie d’une association, Para Cordée, qui m’a proposé une coach mentale. Elle s’appelle Fatima et elle m’a bien aidé, on a bien bossé ensemble. Dix jours avant l’étape de Coupe du monde d’Innsbruck, on m’a annoncé que mon dossier ne serait pas regardé et que je serais obligé de concourir en RP3. C’est le genre de mauvaise nouvelle qui peut te plomber. Elle est venue m’aider, et m’a dit : « est-ce que tu as quelque chose à perdre en allant là-bas ? ». Je me suis dit que je n’avais effectivement rien à perdre. Mais cela m’agace, pour rester poli, de me battre avec des mecs qui sont presque valides. C’est profondément injuste. Tu ne trouveras jamais un mec qui a le même handicap que toi.
Quand j’étais nageur, j’avais déjà demandé à l’International Paralympic Comittee de considérer l’individu dans son entièreté, et de lui attribuer un coefficient. Cela serait beaucoup plus égalitaire, même si cela demande des moyens.

Crédit photo Mairie de Tarbes
-Tu as été double champion de France de para-escalade, catégorie RP2. Quels souvenirs gardes-tu de ces moments ?
Le premier sacre, je ne m’y attendais pas. Cela faisait seulement six mois que j’avais un coach et que je m’entraînais vraiment fort. Quand j’ai débuté, le but était seulement d’observer, pas de reprendre la compétition. Ma femme m’a dit : « non, je te connais, tu vas replonger, tu es un compétiteur né ». Je lui ai répondu que je voulais juste voir le niveau. Mais au final, elle avait raison !
Je fais médaille de bronze en 2024, mon club B’Wall m’a alors proposé un coach. On a travaillé six mois ensemble, de septembre 2024 à mars 2025. Je suis alors arrivé à Massy, je me suis qualifié pour la finale puis je deviens champion de France, contre toute attente. C’était assez fou, surprenant et assez extraordinaire !
Cela m’a permis d’intégrer directement l’équipe de France de para-escalade.
En mars 2026, à Quimper, j’étais persuadé de faire la compétition en RP3, et de me « prendre une branlée » devant tous mes proches, sur mes terres. J’en étais convaincu depuis six mois ! La veille de la compétition, je passe un testing national. A 21h45, le coach de l’équipe de France m’annonce que d’après un point de règlement, j’ai le droit de retourner en RP2. Je lui ai demandé de répéter ce qu’il venait de dire, et il a confirmé. Je pouvais donc défendre mon titre ! J’étais tellement euphorique que j’ai dormi à peine 2h… Le lendemain, je fais deuxième qualifié, et j’envoie un gros run en finale. Ma femme et mes proches m’annoncent alors que je suis champion de France.
Nerveusement, ce sacre a été très compliqué à gérer. J’ai d’ailleurs lâché quelques larmes quand ma femme m’a serrée dans ses bras. Je crois que je n’ai jamais fait autant le yo-yo en termes d’émotions !
« Ma relation avec l’escalade est conflictuelle » – Guillaume Bolloré
-Tu as intégré l’équipe de France et disputé récemment une manche de Coupe du monde. Si on t’avait dit il y a cinq ans, quand tu as débuté, que tu serais aujourd’hui en équipe de France de para-escalade, tu y aurais cru ?
Très franchement, si on m’avait dit ça, j’aurais regardé la personne et je lui aurais dit qu’elle était folle ! Être para-athlète, c’est très difficile. Je suis obligé de bosser en parallèle, et d’exercer un métier stressant, le 5e plus dangereux en France. Je n’ai pas de sponsor ni de mécène, rien, et j’espère bientôt en trouver. J’ai passé un grand cap en termes d’adaptabilité, je n’aurais jamais cru en arriver là. J’étais persuadé d’avoir tiré un trait sur mon côté compétiteur. Tout cela est extrêmement épuisant. On doit gérer le travail, la douleur, la fatigue etc.
Quand je fais mes conférences, je dis qu’à mes yeux, un para-athlète est encore plus exceptionnel qu’un athlète. Même si Léon Marchand, Kylian Mbappé et Antoine Dupont se dépassent également… J’ai été nageur de 20 à 30 ans, sachant que j’étais étudiant jusqu’à mes 25 ans. A cette époque, j’avais beaucoup de choses à gérer. Je terminais mes devoirs à deux heures du matin, rebelote le lendemain. Je n’étais pas quelqu’un de très scolaire, j’ai d’ailleurs achevé mon lycée en 5 ans. Je n’aimais pas l’école, mes parents me surnommaient « 10 » car je faisais le minimum nécessaire. Cela les rendait fous !
Quand j’ai préparé mon concours, j’ai changé d’état d’esprit et j’ai terminé 6e au national, devant 1080 personnes. Aujourd’hui, cela fait 12 ans que je suis prof, pour 2 000 € nets par mois. Je ne roule donc pas sur l’or !
-Si tu devais résumer ta relation avec l’escalade aujourd’hui, tu dirais quoi ?
Conflictuelle ! Cela peut paraître bizarre, j’ai atteint un niveau que je ne pensais jamais atteindre et je pourrais m’en satisfaire. Mais le fait que je ne sois toujours pas fixé sur ma catégorie, que je doive débourser des frais (1 000 € rien qu’en frais de transport en 2025), c’est usant. En juin dernier à Innsbruck, les frais de repas du midi étaient à la charge des para athlètes. Je trouve ça dingue. Je me suis mis sur LinkedIn récemment et je souhaite vraiment trouver des mécènes. J’espère collecter 10 000€ pour financer ma prochaine saison. Je peux proposer des conférences en entreprise, des séances de cohésion d’équipe ou des initiations. Je ne peux pas continuer à mettre de l’argent de ma poche. Je veux pratiquer mon sport, dans les meilleures conditions possibles, mais on ne me place pas dans les meilleures conditions.
Lors de la prochaine étape de Coupe du monde, en août à Laval, je serai à nouveau en catégorie RP3 et je vais me reprendre une branlée. J’aimerais être fixé, que l’on me dise clairement : « tu es RP2 ou RP3 ». Je suis dans l’incertitude, heureusement que mon mental reste mon point fort. Beaucoup auraient arrêté ou se seraient résignés, mais ce n’est pas mon tempérament.
-Qu’est-ce qui te motive au quotidien dans le cadre de ta pratique ?
Je sais me transcender lors d’évènements importants. Je reviens d’Innsbruck, je finis 15e sur 20 face à des « presque » valides, qui m’ont « mis la misère ». J’essaie donc de me dépasser, par rapport à moi-même, sans regarder l’adversité. Je n’ai pas vraiment pu être suivi par un coach, j’espère régler cela avec mon club.
« A mes yeux, mon handicap est une chance » – Guillaume Bolloré
-Quels sont tes objectifs sportifs à court, moyen et long terme ?
Fin août, je serai sur une Coupe du monde à Laval en RP3, le but sera de faire mieux qu’en 2025 (j’avais terminé 11e sur 11).
Je veux conserver mon titre national à Toulouse en mars 2027.
En juin 2027, sur la Coupe du monde d’Innsbruck, je croiserai les doigts pour que je dispute la compétition en RP2. J’aimerais au moins intégrer la finale, les 5 premiers. En 2027 également, il y aura les championnats d’Europe à Genève, avant les Mondiaux en République Tchèque.
J’aurais également aimé aller aux Jeux Paralympiques 2028, qui sont le Saint Graal pour tout sportif. Le problème c’est que l’IPC ne fait pas rentrer toutes les catégories dans le programme olympique. Seule la catégorie RP1 sera représentée, hélas.
2032 est ensuite un horizon beaucoup trop lointain. Je ne sais pas si je pourrai tenir jusque-là. J’ai déjà 37 ans…
–As-tu quelque chose à ajouter pour conclure cette interview ?
Je pense que les gens, quand ils voient un handicapé, se disent : « oh le pauvre ». Mais nous ne sommes pas là pour nous faire plaindre. On veut de l’inclusion, que l’on nous considère comme les autres, comme une valeur ajoutée. Les entreprises ne trouveront pas plus combatives que les personnes en situation de handicap. A mes yeux, mon handicap est une chance. Sans lui, je ne serais pas sportif de haut niveau.
Je n’ai rien lâché dans ma vie, j’ai accepté le regard des autres, j’ai fait face à mes doutes et à mes questionnements. Je pense que l’on peut être fiers d’être para athlètes. Beaucoup sont des exemples pour la Nation.
Encore une fois, les personnes handicapées sont un atout. Il a fallu que l’on se batte énormément, et cela a forgé notre mental.
On devrait valoriser les minorités et être fiers, se nourrir de nos différences.
Je dirais ainsi aux personnes en situation de handicap de ne jamais, jamais baisser les bras.
Je pensais d’ailleurs qu’il y aurait un rebond après Paris 2024, les gens avaient vraiment apprécié les Jeux Paralympiques. Je m’étais dit alors qu’on allait enfin sortir du placard et être mis en lumière. A peine quatre mois après les Jeux, nous étions de retour dans le placard, lumière éteinte…
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Crédit photo de Une : Para Cordée

Crédit photo Benoît Bernheim

