Antoine Albeau et Marc Amerigo, ambition : 125km/h en windsurf (Interview)
Porteurs du Zephir Project depuis 2020, Antoine Albeau et Marc Amerigo veulent faire entrer la planche à voile dans une autre dimension. Notamment en cassant la mythique barre des 100km/h en windsurf, mais pas seulement. Ils se sont confiés au micro du podcast MORDU. Interview !
Têtes pensantes du Zephir Project, Antoine Albeau (sportif français le plus titré de l'histoire, avec 27 sacres mondiaux en windsurf) et Marc Amerigo (ingénieur expérimenté) sont embarqués depuis plusieurs années dans la chasse aux records du monde. Leur objectif : casser la barrière des 100km/h en windsurf. Antoine Albeau était tout proche de réaliser ce défi, en décembre 2024 lors de son dernier record du monde établi à Lüderitz (53,49 noeuds soit 99,06 km/h). Partie remise pour le "Colosse de l'Ile de Ré" et son binôme. Ambassadeur de Ride or Die, Antoine Albeau a été l'invité, avec Marc Amerigo, d'un nouvel épisode du podcast MORDU. Lors du B2B Kite Summit 2026 à Dakhla, au micro de Mathieu Gosselin, FRA-192 et son associé sont revenus sur cette aventure Zephir Project. "Le projet tel que je le vis, c'est utiliser la science, les nouvelles technologies, observer la nature pour repousser les limites de la vitesse, et être capable de repousser aujourd'hui la limite en windsurf", a ainsi clamé Marc Amerigo. Confidences de deux hommes qui entendent bien continuer à performer dans le monde du windsurf !
MORDU : Antoine, qu'est-ce qui t'as convaincu de partir dans ce projet ?
Antoine : Déjà, on avait des amis en commun, comme Olivier Ponrouch, qui m'avait parlé de Marc aussi. Je me suis dit que Marc était quelqu'un qui avait l'air d'être sérieux, qui allait au bout des choses. Et puis, au final, moi, j'étais aussi dans mes pensées de fin de carrière. J'ai arrêté la Coupe du Monde en 2022, donc, deux ans après le début du Zephir Project. Pour moi, ça tombait pile poil, en type de reconversion, parce que ça, ça allait me prendre un petit peu moins de temps.
Quand tu participes à la Coupe du Monde, il y a énormément d'entraînement, il y a énormément de déplacements pour les entraînements, pour les compétitions, pour les photoshoots et les choses comme ça. Donc, c'est quelque chose que moi, j'avais un peu moins envie de faire, parce que je voulais rester un peu plus à la maison, du fait des enfants. On reprenait également avec Paola, ma femme, l'école de voile de mes parents. Ca prend quand même pas mal de temps. J'ai aussi d'autres choses sur l'île de Ré, à La Rochelle. Donc, moi, il était temps que je me calme un petit peu niveau déplacements et niveau entraînement.
Je suis à fond pour le Zephir Project, parce que c'est quelque chose que physiquement je peux faire. Malgré mon âge de sportif avancé, on va dire. Et puis c'est super intéressant, parce que moi, je le dis toujours, j'ai fait 30 ans de développement, quasiment, pour développer mon matériel pour la saison suivante de Coupe du Monde. Ce ne sont pas des choses que tu dois laisser au hasard, parce que si tu les laisses au hasard, eh bien, peut-être que les autres auront mieux travaillé que toi, avec une autre marque. Donc, t'auras peut-être pas le matériel adéquat ou assez performant pour être champion du monde.
Là, on est dans une recherche et développement, on va dire scientifique, parce qu'on le fait avec des appareils. Il y a énormément de feeling encore, mais avec les datas que l'on récupère, t'as quand même des ingénieurs et des pros qui vont lire ces datas, déchiffrer ces datas pour confronter les sensations et les résultats.
MORDU : Il y a un sujet que je trouve hyper intéressant et qui va parler à tout le monde, c'est sur les foils, sur la déformabilité. Marc, tu dis que la déformabilité, elle est hyper importante, elle est dans la nature.
Marc : La déformabilité c'est le le nec plus ultra de la maîtrise de la nature, des éléments et de l'interaction avec les fluides. Les animaux marins, les oiseaux, font ça naturellement, c'est-à-dire que t'as aucun animal marin qui est rigide et qui est figé, il n'y a pas de films de carbone, il n'y a pas de tungsten, il n'y a pas tout ça. Donc en fait tout est lié à l'adaptation au moment où tu as de la charge, de la pluie, où tu dois accélérer, où tu dois ralentir, enfin tout ça c'est lié au fait qu'on est capable de se déformer.
Nous, dans notre monde humain en fait on sait pas faire ça, c'est trop complexe à faire.
Il ne faut pas que ça vibre, il faut que ce soit stable, il faut que ça glisse fort, on a des contraintes qui sont très difficiles sur le plan mécanique des fluides et matériaux. Donc c'est quelque chose qui est aujourd'hui très peu accessible. On ne sait pas fabriquer un poisson, on ne sait pas fabriquer un oiseau. La nature sait faire ça, c'est 150 millions d'années voire des centaines de millions d'années pour les mammifères marins, de développement de R&D.
Nous on doit faire tout ça en un temps accéléré, on n'a qu'une vie qui est courte donc on a pour ça des outils. Donc ça commence par comprendre les phénomènes. On va en soufflerie, on a de la data, on a de la mesure, on a des sensations d'Antoine, donc on essaie de comprendre les phénomènes. Et après on va commencer à mettre des équations dessus pour arriver à avoir des modèles, comprendre à peu près ce qui se passe.
Une fois que tu en es là, tu vas te demander : "qu'est-ce que je vais utiliser comme matériaux les plus responsables possibles en termes environnemental, pour aller fabriquer un truc qui va se déformer exactement comme on veut ?" Et là c'est très complexe, très très complexe.
Antoine : C'est vrai que quand on a commencé à penser ça ces deux premières années, il n'y avait pas la technologie que l'on a maintenant. Il y a une telle avancée technologique d'année en année, de mois en mois qui se développe...
MORDU : Tu parles de l'IA notamment ?
Antoine : Oui, il y a plein de choses. Il y a des fabrication de process, enfin de petits appareils qui étaient gros, qui deviennent de plus en plus petits et pour nous c'est carrément avantageux. En soufflerie, on a porté la motion capture aussi, là où tu mets tous les points, ça c'est énorme. C'est Hollywood quoi. Oui, c'est vraiment super. C'est vraiment Hollywood. Maintenant, la centrale inertielle qu'on a dans la planche qui récupère, qui enregistre toutes ces data qui, pour moi, sont du chinois complet. Si tu me donnes les data, je n'aurais pas su quoi faire. T'as des gars qui prennent ça et ils lisent ça comme un livre. Donc moi je trouve ça génial. Au final, moi je me laisse un petit peu porter aussi. Il faut rester à la page. Il ne faut pas se faire doubler. Marc est très fort là-dessus.
MORDU : Qu'est-ce qui t'a le plus surpris dans les travaux liés au projet Zephir ?
Antoine : Dernièrement, c'est en allant à Lüderitz en 2025, il y a quasiment une année. Il m'a donné des calculs de profils d'aileron et d'outline de forme, de shape, qui pour moi n'allaient pas marcher. Cela venait de mon ressenti, de mon expérience, de ce que j'avais testé. Je n'y croyais pas.
Et puis au final, il s'avérait que c'était mieux, mais direct.
Marc : C'est l'aileron que tu as pris pour le dernier record du monde que t'as fait. Donc lors du dernier record du monde, Antoine navigue avec les gars, il se tire la bourre dans tous les sens, il est dans le paquet quoi. Et puis il prend le V3, le dernier qu'on a fait et au profil très particulier quand même. Antoine met l'aileron, il démarre le run et record du monde direct. Sans avoir jamais utilisé l'aileron.
MORDU : Qu'est-ce que tu as ressenti quand tu vois que ta science, ça marche ?
Marc : C'est une satisfaction d'abord collective. Parce que ce n'est pas moi qui ai designé l'aileron. C'est un peu comme dans une équipe de foot. Quand un joueur marque un but, le gardien est aussi content que le buteur. Et quand je vois qu'Antoine, il a des sensations où plus ça va vite, plus il dépose les adversaires, ça te file des frissons, tu vois. Chaque fin de run, dans la journée critique, c'était un WhatsApp, un audio, sur ce qu'il avait sous les pieds, ce qu'il avait fait. Et on échange rapide et moi je laissais un audio, mais tu as les poils, mais grave, parce qu'il est au taquet dans le truc, il prend le temps de faire l'audio, ça remonte, il remonte en courant. Tu vois, c'est un travail d'équipe, vraiment un travail d'équipe et de confiance aussi.
Il y a une forme d'humilité aussi, c'est-à-dire que si Antoine dit, je ne sens pas le truc, ça ne marche pas ou autre, il faut aller chercher ce qu'il y a derrière. Je voulais contacter Antoine depuis 2015 en fait. Mais le moment est venu, au moment où il le fallait. Je ne pense pas qu'il y ait d'autres personnes avec qui je pourrais mener un projet comme ça. On le mène ensemble parce qu'Antoine, c'est la curiosité, l'expérience, un metteur au point hors-pair. Il écoute, on s'écoute. C'est pas la science qui dit "c'est comme ça". La science dit, il est possible que ça, ce soit pas mal. Et puis ensuite, tu évolues et tu t'appuies sur la data. La data c'est la réalité du terrain, donc tu mesures avec choisis des capteurs, comme disait Antoine, de plus en plus efficace. Il y a la simulation numérique, c'est un calcul, et après il y a la science de l'utilisateur, le rider, et ces trois là ils doivent absolument communiquer ensemble.
Antoine, c'est un feeling et aussi une force de la nature - Marc Amerigo
Antoine : Marc a vraiment les mots pour expliquer, parce que c'est quand même quelque chose d'assez compliqué, d'assez puissant, profond, et Marc le fait super bien. Moi, je vendrais vraiment mal le projet. Moi, je suis plus dans l'aspect performance, voile, le ressenti.
Marc : La réalité des choses, c'est que Antoine c'est un feeling, et à la fois une force de la nature. C'est aussi un chat. Partir sur un run avec une allumette de speed, c'est pas commun... Il y a une technique, il y a une finesse de navigation, il est capable de sentir où arrive la cavitation. C'est un truc de dingue, 100 km/heure. La cavitation, c'est un sujet très complexe.
MORDU : Il y a un truc qui est super intéressant dans le projet Zephir, donc l'ingénierie, la recherche de vitesse. Des gens qui ont voulu battre des records du monde, il y en a plein, enfin, c'est l'histoire de l'humanité, c'est génial. Dans le sport, c'était souvent un sponsor qui te file de l'argent, pour que tu mettes l'autocollant sur la casquette, sur la planche, et puis, inshallah, pour que tu battes tes records. Vous avez une approche complètement différente. Ça coûte pas mal d'argent, ce que vous faites.
Marc : Notre schéma, on se disait, on va trouver 2 millions d'euros, 2,3 au début, sur 3 ans, et on va péter le record. Eh bien, nickel, ça va lui faire comme ça. Mais en fait, ça marche pas comme ça. Ça marche pas comme ça. On s'est trouvé déjà en plein Covid et tout. On se posait même des questions de fond, du genre : "est-ce que vraiment, on va le faire, on va pouvoir le faire ou pas ?" Moi, c'était ou on le faisait de cette façon-là, avec cette approche scientifique, ou c'était comme d'habitude, et du coup, ça avait moins d'intérêt. C'était pas adapté. Donc en fait, on a monté un autre schéma économique complètement différent, qui consiste à avoir des partenaires qui viennent avec un savoir-faire et des ressources, qui vont communiquer avec nous sur le projet, parce qu'on a quand même une bonne couverture médiatique, donc on a de la visibilité, mais aussi on engage en termes de construction interne dans les boîtes.
Il y a une dynamique autour d'un projet atypique vertueux, par rapport à l'aspect environnemental aussi. Et donc, on a des personnes qui viennent, qui nous aident en termes de sponsoring pour financer en fait nos besoins de logistique, de déplacement, de payer certains sous-traitants de petites tailles, pour économiquement pouvoir les aider. Et les gros partenaires, qui eux sont plutôt des grosses sociétés, comme le groupe Alten, BPCE Solutions Informatiques. Et eux viennent avec leur écosystème, leur savoir-faire, finalement. Si on devait payer tout ça ou payer nos logiciels, on ne pourrait pas le faire, on a beaucoup moins de cash flow, de flux de cash que ce qu'on a là. Donc ça devient accessible. Et du coup, il y a une forte complémentarité. Tout le monde travaille les uns pour les autres.
Il faut aussi souligner le rôle de Pierre Schmitz. C'est le co-rider avec Antoine. Il a basculé en wingfoil il y a quelques années. Il vient de battre deux records du monde en même temps qu'Antoine, sur 500 mètres de vitesse en Wingfoil, 500 mètres et sur le mille nautique. A 20 ans, il a battu les deux records du monde en compétition officielle, sur le même plan d'eau qu'Antoine, à la Palme, dans le sud de la France. C'était lors du Prince of Speed, une super compétition.
MORDU : J'imagine que vous êtes souvent intéressés pour des partenariats, des sociétés qui souhaiteraient embarquer dans l'aventure d'un point de vue technologique, ou qui souhaiteraient communiquer sur le projet.
Marc : On a deux typologies de besoin. C'est en gros, toutes les entreprises qui, à travers leur métier, se reconnaissent dans ce qu'on fait, dans nos valeurs, et qui ont peut-être un savoir-faire qui pourrait matcher avec nous. On est ouverts à toutes les possibilités. Tout à l'heure, quand tu évoquais la soufflerie et le fait qu'on avait mis des capteurs sur Antoine pour voir ses mouvements. En fait, ça vient d'une conversation avec Benjamin, qui se reconnaîtra, et qui m'appelle. Il me dit, je fais un peu de vidéos, de films d'animation. Je m'intéresse au windsurf. Et en fait, Benjamin, c'est lui qui travaille sur la conception des films les Mignons, Moi, Moche et Méchant, et qui a une approche techno de dingue. Il nous a amenés cette capacité à aller réfléchir. Et la dernière fois qu'on est allés en soufflerie, on avait 18 iPhone 16 Pro qui filmaient en parallèle avec des scans et tout pour avoir une image de ce truc.
MORDU : C'est quand même marrant, Antoine, parce que t'as grandi à la Couarde, sur l'île de Ré, t'as les mains dedans, t'as ton club, t'as fait de la planche à voile. Est-ce que t'aurais imaginé un jour que tu te retrouverais à faire des trucs comme ça ?
Antoine : Non, pas du tout, parce que c'est vrai que j'ai eu du mal à m'imaginer le futur. Déjà, quand moi, j'ai commencé les Coupes du Monde, j'ai eu 2-3 années qui ont été difficiles, parce que t'as du mal à percer quand même. Je ne voyais pas trop où ça allait terminer, où ça allait évoluer. Peut-être que maintenant, la mentalité des jeunes sportifs, qui sont un peu dans tous ces petits sports extrêmes qui émergent, ils se voient champion du Monde un jour. C'est sûr, mais bon, moi, s'il y a 19-20 ans, tu m'avais dit que tu voulais être champion du Monde...
MORDU : Marc, quelle est la plus grande qualité d'Antoine pour le projet ?
Marc : L'écoute, la curiosité, c'est ce que tu viens de dire, c'est le fait qu'on a une idée de vers là où on veut aller, mais on ne sait pas vraiment comment on va y aller. Mais en tout cas, à chaque fois, on passe une étape. Et là, on a des étapes de projet, de partenaires du CAC 40, qui sont en train de rentrer dans le truc. Ils sont disposés à nous mettre à disposition des moyens dingues sur les matériaux, sur les qualifications de certains matériaux, sur les calculs. Donc en fait, tu sais jamais... Donc quand tu drives ton truc, que tu le vis à fond et que t'embarques des personnes qui ont les mêmes idées que toi ou les mêmes valeurs, ou qui en tout cas te font confiance, parfois tu as des bonnes surprises. Bon, parfois tu as des mauvaises surprises, mais globalement, tu as plutôt des très bonnes surprises.
Donc, non, ça avance bien. Et par rapport à ce que tu as dit tout à l'heure, sur cette logique de partenariat, c'est vraiment ceux qui se reconnaissent dans ce qu'on fait, dans nos valeurs, et qui ont peut-être de la technique à apporter, et qui peuvent nous aider aussi financièrement. Notre modèle fait que l'on n'a pas besoin de gros moyens financiers, donc le sponsoring est assez limité. C'est 80 000€ maximum pour un partenaire. Jamais plus, aucun partenaire ne doit débourser plus que ce montant-là, parce que ça permet d'avoir une forme d'autonomie, de respect les uns des autres. Personne n'impose une voix, on garde la main, sur l'esprit, ce qu'on fait.
Antoine : Tu ne m'as pas demandé les qualités de Marc. Non mais parce que Marc, il a une capacité de s'adapter aux nouvelles technologies. Qui... Moi, je pense, c'est incroyable. Parce que, eh bien il faut suivre quand même, tu vois. C'est un truc de fou. Il a aussi une capacité d'organiser, parce qu'on travaille avec tellement de partenaires, d'acteurs, qui vont nous apporter des choses. Il y a à peu près 100 personnes qui travaillent directement ou indirectement sur le projet. Mais... Il faut les connaître les gars. Je ne sais pas comment il fait, il marque tout dans son téléphone, avec des photos de chacun, de différents trucs. Il gère super bien et ça, c'est top. Parce qu'au final, il y a tellement d'acteurs qui sont sur le sujet, qui sont avec nous, sur le projet...
- Marc : Je pense que la galère, elle a vraiment été quand on a lancé le projet sur les deux premières années. Trouver notre voie, par rapport à une envie, mais qu'on n'arrivait peut-être pas à formuler. Pour dire :"ok, c'est possible, mais en fait, c'est par là que ça va se passer". Tu vois, le biomimétisme, par exemple, c'est quelque chose qui est extrêmement puissant, mais c'est pas facile d'accès. Ok, la nature fait des choses, reste à savoir comment tu vas aller rendre scientifique quelque chose qui est devant toi. L'oiseau qui vole tous les jours. Lui, il fait une prouesse technologique, scientifique, énorme. Il y a 5 millions d'années d'expérimentation. Non, pas 5 millions, 150 millions. 150 millions, tu imagines le truc. Et nous, là, l'être humain, c'est 200 000 ans, tu vois, donc entre la guerre du feu et aujourd'hui. Même si l'évolution est forte, on est loin de ce que fait la nature.
MORDU : Quels sont les gros jalons qui arrivent à présent ?
Antoine : Déjà, on a Ludëritz 2027. Là, il va falloir arriver bien prêts. Le seul problème, c'est qu'on ne va pas pouvoir aller trop vite à Ludëritz, parce que le canal est trop court. Déjà, on a du mal à s'arrêter à plus de 50 nœuds, 53, 54 nœuds. Si on prend 5 nœuds, ça va être chaud, quand même. C'est un problème. C'est un gros déplacement, c'est un gros budget. C'est entre 15 et 20 000 €. Tu vas un mois et sur un mois, il y a... Dans les bonnes années, tu as 3-4 jours de vent par semaine. Mais les bons jours à record, il y en a peut-être 2 ou 3 dans un mois au maximum, 4, peut-être dans les meilleurs années.
Dans l'absolu, ce serait bien de faire une tentative beaucoup plus longue, parce que la saison de vent est de fin août à décembre. Même en janvier, il peut y avoir du vent. Mais tout le monde n'a pas forcément tout ce temps-là. Donc on va peut-être essayer de faire un canal en France. C'est toujours assez difficile de creuser un canal d'un kilomètre dans une lagune, dans un marais, ou des choses comme ça. Il y a forcément des gens qui n'apprécient pas trop. Mais on pourrait faire une base mondiale de vitesse en France à une heure d'avion pour les journalistes, à 5 ou 6 heures ou 10 heures de voiture pour les riders.
Ça pourrait être ouvert à chaque fois qu'il y a du vent, avec une inscription que tu payes, bien sûr, parce qu'il faut garantir le maintien de l'événement. Donc ça, ce serait un sujet vraiment super extraordinaire. Ca a été dans la tête de plusieurs personnes aussi. Et l'organisateur du championnat du monde et des championnats de toutes les épreuves internationales de vitesse à La Palme, Principe Baldini, est à fond là-dedans. Là, on est en train de remettre la pression pour essayer de faire ça. Ce serait dix fois mieux que d'envoyer 25 riders qui font 12 heures d'avion, 12 heures de voiture pour aller sur place. Donc, ça serait génial. C'est un laboratoire, en fait, un canal, c'est un vrai laboratoire, tu vas aussi en soufflerie. Donc, tu fais des progrès énormes. On pourrait équiper le canal d'appareils aussi. Et puis, à côté, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a aussi la mer ouverte. Donc, la mer, le long de la plage, avec l'objectif d'aller très vite en mer.
C'est difficile de trouver un spot où il y a 50 nœuds de vent et où c'est plat. Parce que plus il y a du vent, plus la mer est déchaînée, ça monte du clapot, ça devient clapoteux, c'est difficile.
Marc : On aimerait bien le faire en mer, parce qu'on a un super spot sur la commune de La Palme. On a un 500 mètres et un mille nautique qui sont super accessibles. Pour le mille nautique, c'est le meilleur endroit au monde. Pour le 500 mètres, c'est pas assez abattu. Donc, on travaille dessus pour, justement, améliorer cette vitesse-là avec moins de vent !
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Photos : Kite & Connect




