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Mardi 3 novembre 2026Édité par Adrenaline MagazineRechercherMon compte
Brice Izzo : « On connaît une belle évolution dans le freestyle motocross » (Interview)
Brice Izzo était présent à Aix-en-Provence pour un show de motocross.

Brice Izzo : « On connaît une belle évolution dans le freestyle motocross » (Interview)

Photo Brice Izzo
Interview · Motocross

Brice Izzo : « On connaît une belle évolution dans le freestyle motocross » (Interview)

Par Thomas Davaud · 3 novembre 2026 · 6 min de lecture

À 41 ans, Brice Izzo fait partie des figures expérimentées du freestyle motocross français. Passionné depuis l’enfance, il revient sur ses débuts, l’évolution de sa discipline et les risques liés à cette pratique acrobatique. À l’occasion de son passage à l’Arena d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) qui a eu lieu le 31 octobre 2026, il évoque également son quotidien d’athlète et son envie de faire découvrir le FMX au plus grand nombre.

Pilote français de freestyle motocross reconnu sur la scène internationale (vice-champion du monde en 2010, médaillé aux X Games), Brice Izzo vibre pour son sport. Le Français était à l’affiche du spectacle organisé à l’Arena d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), samedi 31 octobre 2026, aux côtés de Toni Bou et des grands noms du trial mondial. Avant cet événement, nous l’avons rencontré pour évoquer son parcours et son regard sur cette discipline spectaculaire.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de commencer le freestyle motocross (FMX) ?

 

J’ai commencé par le motocross à 7 ans, d’abord en 80 cm³ puis en compétition. J’ai fait du motocross et du supercross jusqu’à mes 20 ans. Je voyais tous les pilotes de freestyle motocross rouler et, pour moi, c’était incroyable. J’avais des étoiles dans les yeux et je me disais qu’un jour, j’aimerais faire ça. À 20 ans, j’ai eu une décision à prendre : continuer le motocross ou passer au FMX. J’avais pas mal de propositions et je me suis lancé dans le freestyle. C’était vraiment ma passion ! Quand j’étais sur les événements, je ne regardais que ça. J’avais une bonne technique sur la moto. Sauter la rampe, c’était facile. Il a ensuite fallu apprendre les figures, et ça, c’est autre chose ! Je n’avais pas d’appréhension à l’idée de sauter une rampe de 22 mètres de long et de 10 mètres de haut. Je savais déjà le faire grâce à ma carrière en motocross. Ça m’a beaucoup aidé. En revanche, apprendre les figures a été compliqué.

« Nous sommes là pour faire crier les gens ! » — Brice Izzo

Tu vas faire un show à l’Arena d’Aix. Comment va se dérouler la soirée ?

 

Il y aura d’abord la soirée de trial, avec Toni Bou (40 fois champion du monde) et tous les meilleurs pilotes de la planète. Nous interviendrons en fin de soirée pour clôturer le spectacle. Nous allons rouler pendant dix à quinze minutes. Ce ne sera pas très long, mais ce sera intense. Nous sommes là pour faire crier les gens ! Pendant une compétition, le public regarde les pilotes, mais il n’y a pas toujours beaucoup d’ambiance. À la fin, on termine la compétition et, boum, on passe au show. Les gens vont être contents avant de partir, ils vont crier !

Brice Izzo a fait un duel face à Seb Bouyssou à l'Arena d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Vous êtes-vous préparés spécialement pour cet événement ?

 

Non, nous sommes prêts en permanence. Nous nous entraînons tous les jours, physiquement, mentalement et sur la moto. Nous sommes donc toujours prêts. Je fais entre 30 et 35 jours de show par an, souvent le week-end. On peut toujours s’améliorer et chercher la performance, mais nous savons ce que nous allons faire et nous avons confiance en nous.

« Si tu es bien physiquement, tu seras bien mentalement. Et si tu es bien mentalement, tu seras bien sur la moto. Tout est lié. » — Brice Izzo

Comment se déroule un entraînement ?

 

J’arrive avec un objectif sur mon terrain d’entraînement et j’essaie de le réaliser. Ça ne passe pas tout le temps et, parfois, c’est frustrant. Mais on essaie, on répète, on répète encore, jusqu’à ce que ça passe. Le jour où on y arrive, on est satisfait, puis on essaie d’améliorer la figure. Une figure n’est jamais terminée. On peut toujours avoir plus d’extension, tordre davantage le corps, bouger une jambe ou l’autre… Il y a toujours quelque chose à améliorer. C’est comme ça que je fonctionne : je me fixe un objectif pour la journée ou une figure à travailler sur l’année. 

Il y a aussi tout le travail physique derrière. Si tu es bien physiquement, tu seras bien mentalement. Et si tu es bien mentalement, tu seras bien sur la moto. Tout est lié.

Pour Brice Izzo, l'évolution du FMX va dans le bon sens.

Tu as 41 ans aujourd’hui. Quel regard porteS-tu sur l’évolution du freestyle motocross au fil des années ?

 

Ces dernières années, on a connu une belle évolution avec les airbags. Avant, on roulait sur de la terre ou sur des réceptions en bois. C’était beaucoup plus dangereux. Aujourd’hui, on n’a évidemment pas envie de tomber, parce que le premier choc se fait généralement sur l’airbag. Mais ça fait toujours mal quand on en sort. Malgré tout, ça rassure et ça a prolongé les carrières de tout le monde. 

À 41 ans, je fais partie des anciens, mais je continue à m’entraîner physiquement. Je sais que si je relâche mes efforts, c’est fini. Alors je continue à fond. L’évolution est bonne. Il y a notamment Mincha, un jeune Espagnol, qui est une véritable machine de guerre. Les airbags permettent de repousser les limites. Quand tu le vois rouler, c’est extraordinaire. On connaît une belle évolution dans le freestyle motocross.

Brice Izzo est toujours sur sa moto malgré ses 41 ans.

Avec toutes ces années de pratique, ressens-tu toujours du stress avant de te lancer ?

 

Oui, toujours. On se trouve à plus de 12 mètres de haut. On sait qu’une chute peut arriver et qu’elle peut entraîner des fractures aux poignets, aux jambes, aux coudes, aux chevilles ou aux talons. Le risque est là. Il ne faut pas trop y penser, sinon on ne ferait rien. Mais il faut rester concentré. Chaque fois que je me suis blessé, c’était lorsque j’étais en excès de confiance. Quand je gagnais facilement le championnat du monde, je me disais que tout allait bien et que rien ne pouvait m’arriver. Et boum, ça arrivait. Il faut donc rester concentré et savoir qu’on n’est à l’abri de rien.

« Le jour où je me relâcherai, ce sera le moment d’arrêter, parce qu’on n’a pas le droit à l’erreur.  » — Brice Izzo

Il y a toujours des risques. Déjà, il y a le risque mécanique : on n’est jamais sûr à 100 % de sa moto. La chaîne, la boîte, le moteur, le piston, la bougie… Tout peut casser. Nous sommes entraînés et nous savons ce que nous faisons, mais on sait que le risque zéro n’existe pas, même si on maîtrise notre discipline. Donc on a toujours une petite appréhension. Quand on fait un backflip, par exemple, le premier saut provoque toujours une sensation particulière. On n’est pas chez soi, on n’est pas calé de la même manière. Ça fait toujours quelque chose mais en général ça passe. Il ne faut surtout pas se relâcher. Le jour où je me relâcherai, ce sera le moment d’arrêter, parce qu’on n’a pas le droit à l’erreur. 

Y a-t-il une chute ou un événement qui t’a particulièrement marqué dans ta carrière ?

 

Oui, je suis tombé aux États-Unis et je me suis cassé le poignet à six endroits, ainsi que le péroné. Mais le plus grave, c’était le poignet : il était complètement déformé, à 90 degrés, et tous les ligaments étaient arrachés. J’avais aussi des morceaux d’os dans le canal carpien. Pendant deux ans, je n’ai plus senti deux de mes doigts et je roulais avec trois doigts. C’était compliqué de revenir après ça, physiquement et mentalement. Il a été difficile de retrouver la personne que j’étais avant et de reprendre confiance. Avec les années, je pense que le corps humain est quand même bien fait. J’ai fini par oublier cette chute, mais les trois années qui ont suivi ont été difficiles.

Brice Izzo veut créer son propre show à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).

Quel message aimerais-tu transmettre à nos lecteurs qui ne connaissent pas bien le freestyle motocross ?

 

Il faut venir voir ces shows ! Il commence à y en avoir pas mal. J’aimerais d’ailleurs en organiser un à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) en 2027, au Stadium. Ce serait uniquement consacré au freestyle motocross. Il faut venir nous voir si on veut que les événements continuent. Il faut aller découvrir ce qui se passe ailleurs aussi. En général, les gens aiment le spectacle. Ils viennent une première fois, puis ils reviennent dans l’année. C’est spectaculaire. Ils ne connaissent pas forcément la discipline, mais une fois qu’ils l’ont vue, ils reviennent.

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