Interview BMX : David Champon, le show par-dessus tout !
Après Kévin Meyer, nous vous présentons un autre rider spécialisé dans le spectacle urbain, mais ce coup-ci, ça se passe en l’air ! Car David Champon est un as du skatepark en BMX Freestyle. De Disneyland à Berlin, notre champion fait vibrer les foules avec ses tricks incroyables et met le feu partout où il passe. Voici son histoire.
On veut tout savoir sur toi. Tu viens d’où et comment as-tu découvert le BMX ?
Hello ! OK, alors moi, c’est David Champon, j’ai 24 ans (né le 11 mars 2002). Je viens d’un petit village près de Blois (41) dans la région Centre-Val de Loire. J’ai découvert le BMX par hasard en passant devant un champ de bosses en été 2016. Il y avait un seul rider ce jour-là du nom de Gaëtan Laroche. C’est en le regardant rouler que j’ai tout de suite su que c’est ce sport que je voulais faire. Et.. en décembre 2016, le père Noël est passé et m’a apporté un BMX. Depuis ce jour, je n’ai pas lâché ce sport ; cela fait maintenant bientôt 10 ans que je pratique le BMX.
Qu’est-ce qui t’a motivé à continuer ce sport de casse-cou ?
L’envie de progresser, d’apprendre de nouveaux tricks jusqu’à pouvoir réaliser des figures que je rêvais de savoir faire à l’époque. Internet et les vidéos YouTube ont été ma principale source de motivation. Je regardais en boucle des vidéos tuto pour apprendre mes premières figures en flat. Et je passais également des heures à regarder des vidéos de riders professionnels, en rêvant chaque jour de pouvoir faire pareil un jour. J’ai roulé seul pendant mes 5 premières années de BMX et il n’y avait presque pas d’infrastructures dans le département pour pouvoir pratiquer. Puis le Covid est arrivé et j’ai créé à 17 ans ma propre rampe faite maison avec des vieux matelas pour apprendre des figures. Cette petite funbox m’a permis d’apprendre énormément de figures : mes premiers tailwhips, backflips etc.. c’était de très bons souvenirs. Ensuite, une fois que l’école a repris, j’ai pu intégrer l’université de Bordeaux dans le génie civil – architecture bois pendant 3 ans, jusqu’à obtenir le diplôme. C’est ce qui m’a permis de commencer à rouler dans de gros skateparks, comme celui des Chartrons. Au début, j’étais perdu, je savais faire de bons tricks en flyout – mini funbox mais je n’avais jamais roulé de bowl, ni fait des airs sur un quarter. Mais j’y ai passé jours et nuits pendant 3 ans et c’est ce qui m’a permis de progresser. Comme quoi, avoir choisi mon université en fonction de l’emplacement des bons skateparks n’était pas une mauvaise idée.
As-tu des idoles ou modèles ?
Le rider que j’ai le plus suivi, c’est Harry Main, une source d’inspiration pour des milliers de personnes à travers le monde. Maintenant, je dirais que ce qui m’inspire, c’est la toute nouvelle génération. Le BMX devient de plus en plus accessible dans certains pays avec de vraies structures adaptées pour apprendre avec le moins de risques possibles. Et le résultat est là, des enfants de 10 – 12 ans ont un niveau incroyable ! J’ai hâte de voir comment le monde du BMX va continuer de surpasser les limites, qui ont déjà atteint la limite du possible.
Tu pratiques un sport extrême assez dangereux ; comment arrives-tu à vaincre ta peur ?
Honnêtement, j’ai toujours peur avant d’essayer un nouveau trick et c’est humain. La peur ne disparaît jamais, elle change de forme avec les années. Après des années de chutes, d’expérience et plus de 700 shows, j’ai appris que la confiance ne vient pas de l’absence de danger, mais de la préparation : je ne sors jamais une figure en public sans l’avoir répétée des dizaines de fois. C’est cette maîtrise du geste qui transforme la peur en moteur plutôt qu’en frein.
As-tu essayé les autres disciplines du BMX (race, dirt, street, flat…) ?
Yes ! J’ai fait pas mal de street lors de mes débuts, mais c’était plus parce que je n’avais pas trop le choix. J’ai également roulé un peu en dirt. Ma discipline, c’est le freestyle Park, mais ça m’arrive de pratiquer un peu de street et de dirt, notamment lors de voyages à l’étranger pour tester des spots mythiques. En revanche, je n’ai jamais vraiment essayé le flat et la race. Mais à l’occasion, je suis prêt à tester !
Sympa ce flip au-dessus de la Lamborghini ; qui a eu cette idée ?
Merci ! J’ai eu moi-même l’idée. Je voulais faire un projet assez insolite qui marque les esprits. Et ça n’a pas loupé ! Mon backflip au-dessus d’une Lamborghini Huracàn, c’est clairement mon plus gros coup médiatique et le projet le plus insolite que j’ai mené. C’est le moment précis où tout a basculé : la vidéo a été reprise de partout, elle a fait la une des plus gros médias de ride et a été reprise dans les journaux. C’est ce projet fou qui a commencé à me donner une vraie visibilité sur Internet et à faire circuler mon nom. Mais c’était d’abord un défi personnel : j’avais besoin de ressentir cette sensation d’avancer, de repousser les limites de mon sport et, surtout, de me graver un souvenir à vie dans la tête. Après, sur le plan de la carrière, c’était exactement ce dont un p’tit gars du Loir-et-Cher avait besoin pour se faire remarquer. Pour moi qui viens d’une campagne où le BMX n’avait aucune structure ni aucune visibilité, ce projet était une nécessité absolue. C’était ma manière de taper du poing sur la table, de me faire remarquer et de prouver qu’on peut s’imposer sur la scène freestyle, peu importe d’où l’on vient.

Vis-tu aujourd’hui de ta passion ?
Oui, je vis de ma passion depuis bientôt 3 ans. En commençant début 2024 en étant sélectionné pour l’aventure des spectacles à Disneyland Paris.
Raconte-nous ton aventure à Disneyland. Comment ça s’est passé ?
Une aventure au top ! J’ai pu faire les 2 saisons de shows à Disney. La première fois que j’ai performé à Disneyland Paris, j’ai vraiment pris une claque. Jusqu’alors, j’avais principalement l’habitude de faire des shows BMX pour des villes, des collectivités ou lors de journées sportives. Et d’un coup, je me suis retrouvé à assurer jusqu’à trois spectacles par jour, devant des jauges pouvant aller jusqu’à 2 800 personnes. On changeait clairement de dimension : je passais des shows locaux à de véritables scènes internationales. Avec le recul, je garde un souvenir incroyable de cette expérience. Bien sûr, pouvoir vivre de ma passion et faire du BMX tous les jours est déjà une chance énorme. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est surtout de voir le regard des spectateurs, et notamment celui des plus jeunes. Me dire que, parmi toutes ces personnes qui m’ont vu rouler, certaines ont peut-être eu envie de se lancer à leur tour, de prendre un BMX et d’essayer, c’est quelque chose qui me rend particulièrement fier. Si j’ai pu donner ne serait-ce qu’à quelques personnes l’envie de pratiquer le BMX, alors ces shows ont eu une vraie signification pour moi.
Aujourd’hui, quels sont tes projets ?
Aujourd’hui, je poursuis mon aventure à Berlin, où je performe au Friedrichstadt-Palast, la plus grande scène de théâtre au monde. Je suis toujours aussi heureux de pouvoir vivre de ma passion dans un environnement aussi prestigieux, avec un setup différent, de nouveaux coéquipiers et des riders venus d’horizons différents. Pour la suite, j’ai aussi envie de continuer à voyager à travers le monde pour différents projets, à découvrir de nouveaux spots et à pouvoir m’entraîner dans différents pays. C’est quelque chose que j’ai énormément développé ces dernières années, et notamment en 2025-2026. J’ai eu la chance de voyager plusieurs fois aux États-Unis, à Malte, aux Pays-Bas et en Angleterre, tout en continuant à retourner régulièrement en Espagne et en Belgique. J’ai également pu découvrir plus récemment la République Tchèque, le Mexique et le Costa Rica. J’aimerais continuer sur cette dynamique, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux endroits et surtout continuer à faire évoluer mon BMX en m’entraînant dans des environnements toujours différents. J’ai également lancé mon propre projet de shows BMX, Air Impact BMX Show, avec l’objectif de proposer différents formats à travers l’Europe selon les demandes : shows street, sur rampes, sur petits airbags, et même en gros airbags pour du Big Air. Le projet est très récent et commence tout doucement à voir le jour, avec une première date prévue le 5 octobre 2026 sur un plateau de TF1, pour une émission. Concernant Disneyland, l’aventure est pour l’instant en pause, mais elle pourrait bien reprendre en 2027. Rien n’est encore signé ni confirmé de mon côté, donc difficile de savoir aujourd’hui ce que l’avenir nous réserve. Mais les spectacles reprendront, alors peut-être que cette histoire aura simplement été une pause avant une nouvelle aventure… Qui sait, vous m’y retrouverez peut-être à nouveau l’année prochaine.

À part le BMX, as-tu d’autres passions ?
Oui, bien sûr ! Je suis notamment passionné de hard music, et plus particulièrement de hardcore/uptempo, un style de musique électronique très énergique, reconnaissable notamment à ses rythmes rapides et ses grosses basses. J’en écoute depuis mes 14 ans, donc depuis maintenant plus de 10 ans. C’est devenu une vraie passion, au point que je me déplace plusieurs fois par an, notamment aux Pays-Bas, pour assister aux plus grands festivals de hard music au monde et surtout retrouver mes amis autour de cette passion. J’ai également une petite passion pour les voitures, que j’aime beaucoup découvrir et suivre, même si elle reste évidemment bien moins importante que le BMX et la musique !
Des sponsors qui te soutiennent ?
Non, je n’ai pas de sponsor qui me soutient actuellement sur le long terme. En revanche, j’ai la chance de collaborer ponctuellement avec différentes marques sur des projets et des opportunités spécifiques. Je privilégie aujourd’hui ce type de partenariat, qui me permet de vivre des expériences différentes, de voyager et de participer à des projets parfois assez uniques. Je suis d’ailleurs très reconnaissant envers les marques et les personnes qui me font confiance, car ces collaborations me permettent de découvrir de nouveaux endroits, de rencontrer de nouvelles personnes et de vivre des expériences que je n’aurais peut-être pas pu vivre autrement.
Prochain contest où on peut te voir ?
Pour l’instant, aucun contest n’est prévu à mon calendrier, car j’ai des shows programmés pendant pratiquement un an à partir d’aujourd’hui. Je n’ai donc pas vraiment de temps disponible pour les contests pour le moment, mais cela pourra évoluer en fonction de mon calendrier.
Quel est ton objectif en BMX ? Tes prochains tricks ?
Mon objectif en BMX, c’est avant tout de continuer à faire des spectacles partout dans le monde. C’est vraiment ce qui me motive aujourd’hui : voyager grâce à mon sport, rencontrer de nouvelles personnes et continuer à vivre de ce que j’aime. Mais j’ai aussi toujours envie de progresser, d’apprendre de nouvelles figures et de repousser mes limites. L’objectif n’est pas simplement de réussir un trick une fois, mais de réussir à l’intégrer dans mes routines et de le maîtriser réellement. De toute façon, je pense qu’il n’y a jamais vraiment de fin dans le BMX : il y aura toujours une figure plus technique, plus difficile ou une nouvelle manière de repousser ses limites. J’ai donc simplement envie d’aller le plus loin possible et de donner tout ce que je peux. Concernant mon prochain trick, j’aimerais beaucoup refaire le double flair. Lors de ma dernière tentative, j’étais vraiment à deux doigts de le plaquer, à 99,99 % ! J’ai donc forcément envie de prendre ma revanche sur cette figure. J’espère simplement avoir prochainement un peu de temps libre pour aller dans un skatepark adapté et pouvoir retenter ma chance.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?
Ahah, alors on peut me souhaiter de continuer à vivre des expériences toujours plus folles grâce au BMX et de pouvoir me produire dans des spectacles toujours plus impressionnants à travers le monde. J’aimerais aussi pouvoir continuer à retourner régulièrement aux États-Unis, où je passe beaucoup de temps et où je retrouve une culture BMX et un environnement qui me correspondent particulièrement. C’est un endroit où je progresse énormément, où je rencontre toujours de nouvelles personnes et qui m’apporte beaucoup dans ma pratique. Et surtout, de rester en bonne santé pour pouvoir profiter de tout ça le plus longtemps possible !
Un conseil pour les débutants ?
Si vous avez envie de vous lancer dans le BMX, osez ! Il n’y a pas d’âge pour commencer, et ce sport est ouvert à tout le monde, filles comme garçons. Peu importe votre niveau, votre âge ou votre expérience, vous avez votre place dans le BMX. Il faut simplement être prêt à tomber… beaucoup ! Une figure ne passe quasiment jamais du premier coup, et même après des années de pratique, on continue à faire de belles chutes. Mais c’est aussi comme ça qu’on progresse. Il ne faut pas avoir peur de l’échec ni abandonner au premier obstacle : la persévérance est vraiment la clé.
Et surtout, n’oubliez pas l’esprit du BMX. Si vous voyez quelqu’un au skatepark qui galère sur une figure, ne vous moquez pas de lui : vous êtes forcément passé par là vous aussi. Tendez-lui la main, donnez-lui un conseil, proposez-lui votre aide. Et si, à l’inverse, vous recevez des critiques, ne les laissez pas vous freiner. Continuez à travailler, à progresser et laissez vos résultats parler pour vous. Mais surtout, profitez. Profitez de rouler, de faire du sport, de progresser et de partager des moments avec les autres. Aujourd’hui, il existe énormément de ressources pour apprendre : des clubs, des cours de BMX et, même si vous n’en avez pas près de chez vous comme c’était mon cas, Internet regorge de tutoriels pour apprendre les bases et progresser étape par étape. Et si vous avez besoin d’un conseil, n’hésitez pas à venir me parler sur Instagram @david_champon. Que ce soit pour choisir votre premier vélo, apprendre une figure ou simplement avoir un conseil, vous pouvez m’envoyer un message. Je serai ravi de vous aider !
Des remerciements ?
Pour terminer, je tiens surtout à remercier ma famille, et particulièrement ma maman, qui m’a énormément soutenu dès mes débuts. Elle m’a permis d’avoir mon premier vélo et les premières pièces dont j’avais besoin pour progresser, puis, lorsque j’ai commencé à évoluer, elle m’a emmené dans différents skateparks pendant les vacances pour que je puisse continuer à apprendre et à m’entraîner. Je remercie également toute ma famille de m’avoir laissé construire mon propre petit skatepark dans le jardin. À l’époque, ça pouvait peut-être paraître un peu fou, mais cet espace m’a énormément aidé à progresser et à développer ma passion. Et bien sûr, merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu, encouragé et motivé au fil des années. Toutes ces personnes ont, d’une manière ou d’une autre, contribué à faire de moi le rider que je suis aujourd’hui. C’est aussi grâce à elles que je peux aujourd’hui vivre de ma passion, faire ce que j’aime et avoir la chance de me produire sur certaines des plus grandes scènes du monde. Alors tout simplement : merci.
Merci à toi
ARTICLE SUR LE MÊME THÈME :

