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La retraite de Matthias Dandois

Notre dernier entretien avec Matthias remonte à onze ans déjà, donc il était grand temps de prendre des nouvelles de notre star française. Et ça tombe bien car aujourd’hui sort sa nouvelle vidéo riche en nouveautés et en tricks inédits !
Avec 10 titres de champion du monde de BMX Flat, Matthias Dandois quitte la scène au sommet de sa carrière, en pleine gloire et au top de sa forme, avec une multitude de projets ambitieux dans ses cartons. On en a profité pour poser deux ou trois questions au flatlander les plus titré de tous les temps maintenant qu’il est également le plus jeune retraité de France.

Comment va notre décuple champion, globalement ?
Impeccable ! Je suis en vacances, un peu de repos, ça fait un bien fou. La Farm est bien lancée, ma boîte de prod tourne aussi. J’ai deux enfants en pleine santé, une femme que j’aime : la vie est belle. Franchement, je n’ai pas grand-chose à demander de plus en ce moment.

Comment organises-tu tes journées depuis ta retraite ?
J’ai trouvé un rythme qui me va bien. Le matin, c’est tennis et muscu, histoire de rester affûté même si je ne cours plus après les points UCI. Ensuite, déjeuner en famille, c’est sacré. L’après-midi, je bascule sur les e-mails et la partie business : la Farm, la prod, ça ne s’arrête jamais vraiment. Et je termine toujours la journée avec un peu de vélo, histoire de garder les réflexes intacts.

Je vois que tu ne lâches pas pour autant le vélo ; quelle place a le BMX dans ta vie aujourd’hui ?
Une place très importante, toujours. Je viens de sortir une nouvelle part avec des tricks inédits, donc niveau créativité, je suis toujours à fond. Ce qui a changé, c’est le côté compétition : il y a moins cette pression-là. Mais sur le fond, je n’ai rien lâché. Le flat, c’est toujours moi.

L’ambitieux concept de la Farm est toujours en développement ; quels sont les prochains événements liés à ce projet ?
On a enfin fini les travaux, ce qui est déjà une victoire en soi ! Maintenant, on est à fond dans l’exploitation. Le lieu de vie fonctionne bien grâce aux mariages et aux séminaires, et ça pose des bases solides. Et à côté, on peut s’amuser avec le volet sportif : organiser des stages, monter des events Hyrox, des jams de bike, des tournois de padel. C’est un terrain de jeu infini, littéralement.

Niveau famille, maintenant que tu peux passer plus de temps avec les enfants, tu ne regrettes pas un peu ta vie d’athlète pro ?
Pas du tout ! C’est top d’être avec eux le week-end plutôt que sur un contest. Et de toute façon, je les ai déjà tous gagnés, donc il ne me reste plus grand-chose à prouver là-dessus 😄

Qu’est-ce qui te manque le plus depuis ton retrait de la compétition ?
Les potes, évidemment. C’est ça le vrai manque : pas les contests en eux-mêmes, mais tout ce qui se passait autour.

Maintenant que t’es rangé, en toute honnêteté, t’en as pas un peu trop fait avec tes fins de run un poil surjouées pour influencer les juges ?
Si, bien sûr ! Ça fait partie de la compétition, on joue un rôle. À la fin, seule la victoire compte. Et j’ai aussi été beaucoup critiqué pour le fait de refaire d’anciens runs. Sauf que, pendant longtemps, personne n’a pu les battre, donc pourquoi changer une équipe qui gagne ?

Tes projets pour cet été, avec et sans le bike ?
Progresser au tennis ! C’est devenu une vraie obsession du moment.

Je pense qu’il y en a des milliers, mais si tu devais retenir un seul souvenir de ta carrière phénoménale ?
La flamme olympique devant la tour Eiffel. Un moment exceptionnel, de ceux qu’on n’oublie jamais. La boucle s’est bouclée à ce moment-là : tout ce que j’ai pu apporter au BMX s’est concrétisé, avec la une de L’Équipe en bonus. Ça représente beaucoup de symboles. 

Et un seul regret ?
Ne pas avoir eu le flat aux JO. Ça aurait été dingue de pouvoir aller chercher une médaille pour mon pays, à Paris en plus.

Toi qui as voyagé plus que quiconque, quel est le meilleur endroit sur Terre pour faire du BMX ?
Aoki Park, au Japon. Sans hésitation.

Et sur le long terme, quelle direction souhaites-tu prendre pour ta carrière aujourd’hui ?
L’entrepreneuriat. Investir dans des boîtes, aider des athlètes qui montent et construire des choses qui dépassent le vélo.

Certains « haters » français te critiquent, car tu es trop « jet-set » au lieu de reconnaître que tu montres du BMX flat dans des endroits où l’on n’est pas censé en voir ; que leur dis-tu ?
Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Moi, je suis fier, et j’assume tout ce que j’ai fait et tout ce que je fais.

Je pense qu’il y a beaucoup de monde, mais, en priorité, qui souhaites-tu remercier pour ta carrière de champion ?
Ma famille. Ils ont été tellement incroyables tout au long de ce parcours. Je ne changerais ça pour rien au monde.

Que te manque-t-il aujourd’hui pour être parfaitement comblé ?
Rien du tout, je suis le plus heureux. Le plus important dans la vie, c’est de se contenter de ce qu’on a. Sinon, on passe son temps à chasser des monstres.

Un dernier message aux fans de sports de glisse ?
Toujours penser à s’amuser. Il ne faut jamais perdre ça de vue. La réussite, les sponsors… ça viendra quand ça viendra ! 

Merci à toi amigo

Plus d’infos sur La Farm ici : Bienvenue à la Farm

La Farm

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Manu Massabova

BMX Pro Rider depuis 1986. Rédacteur spécialisé dans les sports extrêmes depuis 1999.