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Interview : Mathis Ragot Richard, l’as du BMX Race

Agé de 28 ans, Mathis Ragot Richard est tombé dés sa jeunesse dans la marmite du BMX Race. Champion du monde juniors (en contre-la-montre) et champion d’Europe juniors en 2016, le natif de Besançon ne cesse depuis de gravir les échelons.
Le pilote français est ainsi double champion d’Europe Elite de BMX Race en titre (2025/2026).
Dans son viseur désormais, les championnats du monde 2027 qui se dérouleront en France, et les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.
Découvrez l’interview de Mathis Ragot Richard sur Ride or Die !

– Mathis, pourrais-tu te présenter en quelques phrases à nos lecteurs ?

Je suis Mathis Ragot Richard, je suis pilote élite de BMX race au club de Besançon. Je suis passionné de ce sport depuis que j’ai commencé à l’âge de 6 ans, et maintenant j’ai la chance d’en vivre.

– Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter sur un BMX ?

J’étais toujours sur mon petit vélo entre trois et 6 ans, je voulais faire que ça, et mon père a retrouvé un vieil ami à lui qui était entraîneur au club de BMX à Besançon, et je n’ai tout simplement jamais arrêté.

Mathis Ragot Richard – Crédit photo Kaptur Photographie

– Et concernant la race, le choix s’est-il fait naturellement ?

Oui, cela a toujours été ma seule option.

– Quels ont été les moments marquants de ton parcours sportif, dans ta jeunesse ? Quand t’es-tu dit : « j’ai peut-être une carte à jouer dans le BMX race » ?

Je suis parti très tôt en sport-études à Saint-Étienne, pour ma rentrée en 5ᵉ pour être exact, à l’âge de 12 ans, loin de ma famille. Dès la première semaine après mon départ, ma mère a eu un accident de voiture mortel. Je suis donc rentré à Besançon peu de temps après pour me rapprocher de ma famille, mais j’ai toujours eu l’idée de poursuivre ce rêve-là et de retourner à Saint-Étienne, parce que c’est ça que je voulais faire. C’est donc en 2012 (16 mois plus tard) que j’y suis retourné, et j’y suis resté plus de 12 ans.

Je ne me suis jamais vraiment dit que j’avais une carte à jouer, je l’ai toujours fait parce que j’aimais cela. Mais en cadet 2 (16 ans) et junior, j’ai commencé à faire partie des meilleurs pilotes de mon âge.

« L’une des parties les plus importantes de notre sport, c’est les 30 premiers mètres » – Mathis Ragot Richard

– Quelles sont les qualités à posséder pour être un bon pilote ?

Il faut tout plein de choses pour être honnête. Des qualités techniques sur le vélo, c’est un peu la base de notre sport, et plus on se rapproche du haut niveau, et que cette base est plus que solide, les qualités physiques d’explosivité, de force, de vitesse rentrent en compte. L’une des parties les plus importantes de notre sport, c’est les 30 premiers mètres, le départ est super important, donc les qualités physiques sont mises en avant. Après, la course fait 30 secondes, avec des passages de bosses et de virages, il faut donc être super bon techniquement et tactiquement.

– Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton sport ?

Faire du vélo, être créatif, rouler vite, sauter, faire des choses que peu de personnes peuvent faire. Pour moi, c’est ce qui me plaît le plus.

Cependant, au fur et à mesure des années, j’ai appris à apprécier la globalité du processus. J’aime tout faire, je suis un passionné de l’entraînement, des détails, sur et en dehors du vélo. J’aime l’idée que je peux toujours être meilleur et m’améliorer tous les jours.

Mathis Ragot Richard aux commandes – Photo Kaptur Photographie

– À quoi ressemble une semaine d’entraînement pour un pilote de l’équipe de France de BMX Race ?

Une semaine d’entraînement hors compétition, c’est globalement une dizaine d’entraînements, avec trois jours où je m’entraîne deux fois dans la journée et le dimanche de repos.

C’est un mix d’entraînement spécifique BMX, de séances de sprint sur le vélo, de musculation 2 à 3 fois par semaine, et, selon la période, de travail un peu plus foncier.

« Mon premier titre européen chez les seniors m’a donné envie d’y croire » – Mathis Ragot Richard

Championnats d’Europe BMX Race 2026 : Les Highlights Elite Hommes

– Après des sacres de champion du monde et de champion d’Europe juniors en 2016, tu as confirmé ces dernières années chez les seniors. Tu es en effet double champion d’Europe en titre. Parmi ces deux titres européens, y en a-t-il un qui t’a davantage marqué ? Pourquoi ?

Je n’en préfère pas un plus que l’autre, si c’est la question. Quand j’ai remporté le premier à Valmiera l’an passé, je pensais sincèrement que je ne serais plus jamais capable de gagner une course de BMX en élite. Cela faisait 7 ans que je n’avais pas gagné, j’étais toujours là mais sans jamais être assez fort pour gagner. Donc ce titre m’a donné envie d’y croire. Le deuxième, je l’ai gagné en étant un peu plus attendu, après un bon début de saison, et surtout sans partir devant, dans un BMX qui est un peu plus le mien, au combat, sur la vitesse de piste, l’aspect tactique.

Donc ils ont tous les deux une saveur particulière, parce que j’ai appris qu’on sait quand on a gagné la dernière fois, mais qu’on ne sait jamais s’il y aura une prochaine.

Vidéo : Mathis Ragot Richard, le BMX dans la peau

– Le BMX Race français a une superbe densité, un collectif riche en talents. Quelle est ta relation avec les autres membres de l’équipe de France ? De qui es-tu le plus proche ?

J’ai une très bonne relation avec l’entièreté du groupe. Et c’est la force de l’équipe de France : tout le monde s’entend super bien, cela crée une énergie positive qui tire tout le monde vers le haut, et cela depuis plusieurs années.

Je suis un peu plus proche de Sylvain André : depuis que je suis junior, il a pris soin de m’intégrer dans le groupe, de m’emmener avec lui faire des courses aux États-Unis, et j’en suis super reconnaissant. En plus, c’est un vrai modèle sur et en dehors de la piste.

Après, on est tous proches, on peut tous s’apporter, et ça, c’est cool.

Les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, un vrai objectif sportif pour Mathis Ragot Richard

– Quel souvenir gardes-tu du triplé historique des Français aux Jeux de Paris 2024 ? Est-ce que cela t’a donné encore plus envie de viser les Jeux à ton tour ?

C’était incroyable. Incroyable à vivre, incroyable pour notre sport. Je ne doutais pas qu’ils en soient capables, mais de là à le faire… Quand on connaît vraiment le sport, on sait que c’est quelque chose que l’on ne reverra peut-être jamais. Ils étaient déjà tous les trois des légendes, et ils l’ont juste montré au monde entier.

Pour ma part, oui, j’étais en tribune, j’ai pu vivre cela de l’intérieur, c’était fou. Je n’ai jamais été dans les discussions pour être sélectionné, parce que j’ai été un peu blessé et surtout pas assez performant. J’ai donc pu vivre l’événement avec un peu plus de légèreté. Mais quand je suis reparti de Paris, dans ma voiture, je me suis dit que si je devais réassister au BMX aux Jeux olympiques, je serais derrière la grille. C’est clairement un objectif pour les deux années qui arrivent.

Vidéo souvenirs : Le triplé français aux J.O. de Paris 2024

– Qu’est-ce qui te permet de rester humble, suite à tes couronnements européens, et de continuer à progresser ?

Parce qu’on fait seulement du BMX. C’est simple comme réponse, mais il n’y a rien qui pourrait me permettre de ne plus l’être. Je réalise mes rêves, en étant l’un des meilleurs pilotes du monde (en ce moment), et je profite au maximum de ces moments. Je sais que c’est un temps limité, et que si je peux rendre rien que 1 % de ce que le sport m’a donné, ce sera avec plaisir.

Le couac des Championnats du monde : Le point de vue de Mathis Ragot Richard

– Tu devais participer aux Championnats du monde, cet été à Brisbane, Mondiaux qui ont été annulés brutalement. Quelles explications avez-vous reçues ?

Arrêtés, pas annulés. Il y avait beaucoup de vent le jour des phases finales, il était plus sûr pour la sécurité de tous les pilotes de ne pas faire rouler le dimanche. La course aurait pu être tenue à un autre moment, le samedi après nos deux premiers tours qualificatifs, mais l’UCI n’avait pas anticipé, pensant que la météo, et plus particulièrement le vent, serait OK le dimanche.

– Comment gère-t-on mentalement une telle déception, lorsque l’on prépare un objectif de ce type pendant plusieurs mois ?

Ce n’est pas évident. Mais cela fait partie des choses qu’on ne peut pas vraiment contrôler. Moi, j’ai fait ma part du boulot, je suis arrivé en forme, j’étais dans les meilleures conditions possibles, et dans la position que je voulais en arrivant sur ce deuxième jour de compétition. La météo, ce n’est vraiment pas de mon contrôle, il faut donc relativiser et se concentrer sur la suite. (En utilisant ma voix aussi pour que cela ne se reproduise plus, mais c’est un autre combat.)

Mathis Ragot Richard, champion d’Europe 2026 de BMX Race – Crédit photo Kaptur Photographie

– Quels sont tes objectifs sportifs, et tes rêves sportifs, désormais ?

Continuer de prendre autant de plaisir, ne pas me blesser trop, et remporter le max de médailles (en or si possible). Il y a les Championnats du monde en France l’année prochaine, les Jeux olympiques dans deux ans, et tout ce qui va se passer entre. Donc mes rêves, ce serait d’être champion du monde et de participer aux Jeux / de les gagner.

– As-tu un message à adresser aux jeunes qui seraient tentés de se lancer en BMX Race ?

Pour ceux qui se lancent : kiffez, à fond ! Le vélo, c’est cool ; sur la piste, encore plus. Il y a beaucoup d’encadrants compétents en France, c’est une chance, donc toutes ces personnes sont pleines de bons conseils. Mais surtout, faites-vous plaisir, c’est la clé.

Pour les plus confirmés : le BMX, c’est bien plus que la course jusqu’en bas de la butte de départ. Roulez avec vos forces et n’abandonnez pas.

– Quelque chose à ajouter à cette interview ?

Juste un grand merci à vous de me donner la parole, à Inspyre, Frenchys, BMX Besançon, Work4cad et la FFC qui me permettent de vivre mon rêve d’enfant.

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Crédits photos (Mathis en action) : Kaptur Photographie

Mathis Ragot Richard en action – Crédit photo Kaptur Photographie
Mathis Ragot Richard

Nico Arquin

Naviguant dans l'univers des sports extrêmes et sports de glisse depuis 2009, je me passionne pour les riders et les contacts humains. J'aime transmettre de belles histoires, grâce à la magie du contact humain. Merci de nous retrouver sur Ride or Die !