Notre reportage au Grand Prix de l’Almanarre 2026 : « C’est un endroit qui respire glisse ! »
Plus de 200 riders réunis sur l’eau, plusieurs disciplines lancées dans un même élan et des champions du monde au milieu des amateurs : le Grand Prix de l’Almanarre a ravi les mordus de glisse du 16 au 18 octobre 2026, à Hyères (Var). Les journalistes de Ride or Die étaient sur place lors de cette édition qui a misé sur un format multi-supports et une ambiance placée sous le signe du partage.
Avec un vent oscillant entre 17 et 22 nœuds (entre 31 et 40 km/h), les conditions étaient au rendez-vous. Les différents supports ont pu se mesurer sur des parcours adaptés, avec un défi de taille pour l’organisation : faire cohabiter les disciplines sur l’eau. Lors de la deuxième manche, windsurfs, kites et wings ont pris le départ ensemble, avec des parcours légèrement différents selon les supports. Une configuration inhabituelle qui a donné une saveur particulière à cette journée de course organisée par le Hyères Kitesurf Association (HKA) et le Hyères Windsurf Organisation (HWO). « Avant de me lancer dans l’événementiel sportif, je travaillais dans la rééducation et j’enseignais l’activité physique adaptée. J’avais à cœur de faire quelque chose d’inclusif, pour que chacun puisse profiter d’un événement sportif, quelles que soient ses capacités ou ses besoins », révèle Salomé Vermesch du HKA.

« J’ai apprécié de pouvoir passer du temps avec des jeunes riders »
Multiple champion du monde PWA de windsurf et vainqueur de cette édition 2026, Pierre Mortefon connaît bien le spot varois. « L’Almanarre est un spot mythique, en France et dans le monde, se réjouit-il. J’y passe du temps, généralement on a des entraînements en équipe de France ici car les conditions s’y prêtent bien. J’ai d’ailleurs obtenu sur ce spot, en 2003, mon premier titre de champion de France. C’est un bon souvenir, j’apprécie toujours de venir ici. C’est un endroit qui respire planche, qui respire glisse ! »

Au-delà de ses deux manches remportées, le champion retient surtout le plaisir de naviguer dans ce format collectif. « Cela fait plaisir que l’on m’ait demandé d’être parrain de la catégorie windsurf, confie-t-il. La fin de saison est assez chargée pour moi, avec la finale du championnat de France et la finale de la Coupe du monde qui arrivent très vite. Cela me tenait à cœur d’être présent ici et de jouer le jeu, pour le renouveau du Grand Prix qui n’est, je l’espère, qu’un début. On a eu des conditions parfaites vendredi pour tout le monde, avec un beau vent d’Ouest. Je gagne les deux manches, mais je retiendrai surtout que c’était hyper plaisant sur l’eau. Lors de la deuxième manche, tous les supports sont partis ensemble, c’était un challenge pour l’organisation. C’était un bon moment de partage ! J’ai apprécié aussi de pouvoir passer du temps avec des jeunes riders. J’aurais apprécié quand j’avais leur âge que l’on me donne ces petits conseils ou anecdotes. »

Chez les femmes, Marion Mortefon a elle aussi signé un sans-faute en remportant ses deux manches. Multiple championne du monde PWA, elle a particulièrement apprécié de retrouver une flotte où la nouvelle génération était bien représentée. « Il y a beaucoup de jeunes inscrits, constate-t-elle. On a eu de belles conditions vendredi, elles étaient parfaites pour cet événement. C’est dommage que ça ne court pas aujourd’hui, mais on a déjà vécu une belle journée… J’ai fait beaucoup de foil dernièrement pour me préparer à ma prochaine compète en Coupe du monde, je n’avais pas trop fait d’aileron. J’étais à la bataille avec Charlotte Philip et Lola Brotschi-Eibel. A un moment Lola était devant moi, Charlotte revenait… J’ai gagné les deux manches mais je me suis bien battue avec elles ! Aucun doute, il faut pratiquer, je ne fais pas assez d’aileron et je l’ai senti direct. Les filles ont bien progressé, c’était vraiment un moment sympa. »

« Ça été une superbe expérience ! »
Le mélange des disciplines a également séduit Chris Ballois, kitesurfeur vainqueur en twin-tip. Pour lui, l’intérêt du Grand Prix tient autant à la diversité des supports qu’à l’expérience collective. « L’Almanarre est un superbe spot, cela a toujours été le temple du windsurf à l’époque, et des sports de glisse en général aujourd’hui, explique le rider. Je suis ravi que l’organisation ait proposé un Grand Prix multi-supports, avec les windsurfeurs aileron, les kite aileron et le wingfoil. Vendredi 16 octobre, nous avons fait deux manches. Lors de la première manche, les windsurfs étaient séparés des kite et des wings (qui sont partis en même temps), avec un parcours légèrement plus long pour les wings. Pour la deuxième manche, nous étions tous ensemble, avec une séparation sur la ligne de départ. Le parcours était là encore légèrement plus long pour les wings, et les windsurfs. Ça a été une superbe expérience ! On est loin de la Bretagne mais je suis ravi d’être présent ! »

Parrain du wingfoil et quintuple champion du monde de la discipline, Mathis Ghio voit dans cette réédition une occasion de rapprocher les pratiquants, quel que soit leur niveau. « Le GP est un événement qui permet de rassembler différents supports de la glisse. Pour une première réédition, nous sommes plus de 200 ce week-end, annonce-t-il. C’est un événement où l’on est vraiment dans le partage, on est proches de tous les riders, à terre comme sur l’eau. C’est vraiment ce genre de compétition qui me reconnecte à la pratique, tout le monde est super accessible et on se rend compte de la chance que l’on a d’être là tous ensemble. L’ambiance sur l’eau, c’est un truc de malade ! On s’encourage l’un l’autre, c’est vraiment top. J’ai reçu pas mal de questions sur le matériel de la part de jeunes riders, qui m’ont abordé timidement. Je me revois quand j’étais petit, un peu timide aussi, quand j’allais voir Pierre Mortefon ou Antoine Albeau pour un autographe ou autre… Il n’y a pas de secrets ou de question con, je réponds toujours avec plaisir. C’est super positif d’avoir cette proximité là avec les jeunes aujourd’hui. J’avais beaucoup entendu mon père me parler du Grand Prix de l’Almanarre dans le passé. Être parrain ne me donne pas de missions en plus ou en moins, je reste toujours le même Mathis, présent pour faire évoluer la wing et donner envie aux jeunes riders de me botter les fesses ! »

Autre figure de cette édition, Lysa Caval avait une raison toute particulière de participer. Originaire de Hyères et marraine du kitesurf pour le Grand Prix 2026, elle était ravie de représenter sa discipline à domicile. « Je suis super contente de pouvoir participer au GP, s’enthousiasme-t-elle. En étant originaire d’ici, je suis fière de pouvoir représenter la discipline du kite sur cet événement-là. Il y a pas mal de filles inscrites à la compète, ça fait plaisir ! J’ai trouvé que l’ambiance était très conviviale. On a tous envie, sur l’eau, d’aller récupérer celui qui est devant nous, mais cela reste très fun. J’ai vraiment adoré, il n’y a pas de pression, juste du plaisir. On a eu le vent qu’il fallait pour vraiment commencer à s’amuser sur l’eau. »
La marraine du kite ne s’est pas contentée de représenter sa discipline : elle a aussi choisi de prendre le départ sur un autre support. « J’ai décidé de prendre le départ en wing, j’ai eu presque plus peur qu’un départ en kite car c’était quelque chose de nouveau pour moi. C’était une belle expérience à vivre ! »

« Il y a une ambiance très chaleureuse »
Cette envie de partager le spot dépasse largement le cercle des champions. Ancien double champion de France en Windsurfer LT, Eric Belot, 60 ans, apprécie ce choix de l’organisation. « La mixité des supports est très intéressante, l’ambiance est festive ici à l’Almanarre. Tout le monde a le sourire, personne ne se prend au sérieux, c’est le plaisir avant tout », exulte-t-il.
Parmi les participants, plusieurs jeunes de l’ASPTT Marseille (Bouches-du-Rhône), âgés de 14 à 15 ans, ont eux aussi découvert l’Almanarre et goûté au plaisir de partager la ligne de départ avec des champions du monde. Pour Ferdinand, l’expérience était aussi impressionnante qu’enthousiasmante. « C’est incroyable de courir avec autant de monde sur une même ligne ! C’est toujours autant le bordel au niveau du jibe, mais c’est quand même exceptionnel. Il y a une ambiance de dingue, partager le spot avec des gens aussi forts c’est fou. »
Gaspard, qui participait pour la première fois à l’événement, mesure, lui aussi, la chance que représente une telle expérience. « C’est ma première aussi à l’Almanarre, je suis très heureux d’être venu ! C’est un super événement, c’est la fête de la planche à voile. Pouvoir être sur la même ligne de départ que des champions du monde, c’est une chance inouïe. Grâce à eux et grâce à tous les grands coureurs autour de nous, on peut apprendre beaucoup. Il y a une ambiance très chaleureuse, c’est super agréable. Mes camarades sont déjà allés parler aux champions, moi pas encore mais je sais qu’ils sont très accessibles et c’est génial ! »

Pablo, lui aussi licencié à l’ASPTT Marseille, participait également pour la première fois à l’événement. Déjà familiarisé avec les départs en flotte grâce au Défi Wind, auquel il avait pris part l’année précédente, il s’était fixé un objectif simple : terminer la compétition sans casse. « C’est ma première fois que je viens naviguer à l’Almanarre, j’ai bien aimé l’événement ! J’ai participé au Défi Wind l’an dernier. Le départ était impressionnant ici, mais j’étais déjà un peu habitué à l’exercice. Mon objectif était juste de finir la compète, sans casser de matos », dit l’adolescent avec humour. Même ressenti pour son ami Samy.
Pour Elisabeth, planchiste au club Neptune La Ciotat (Bouches-du-Rhône), cette édition avait aussi un goût de première fois. « C’est mon premier Grand Prix, j’ai vu que tout le monde s’inscrivait, que l’ambiance s’annonçait excellente. C’est comme un mini Défi Wind et c’est dans la région, c’est super ! Mon entraîneur m’a passé une voile, c’était la toute première fois que je naviguais avec et je trouve que je m’en suis bien sortie. J’étais collée aux pros sur le premier bord, je me faisais un peu distancer mais je me suis bien amusée. Les jibes, c’était rigolo, tout le monde arrivait en même temps ! J’ai échangé un peu avec Marion, mais aussi avec Brendan Lorho qui m’a expliqué pas mal de choses niveau réglages ! »

Danis, membre de Pacific Palissades, a profité de cet événement appliquer le conseil des champions. « J’ai pu discuter avec Pierre Mortefon, qui m’a donné des conseils pour remonter au vent plus facilement et prendre le départ. J’ai appliqué ses conseils et cela s’est mieux passé pour moi ! J’étais en retard sur le premier départ, je suis parti deux minutes après tout le monde. J’ai quand même réussi à rattraper des gens », partage Danis.
« Réunir tous les supports au moins une fois par an »
À terre aussi, le Grand Prix avait des airs de fête populaire. Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées au village spectateurs, où musique et commentaires au micro rythmaient les allées et venues des spectateurs. Une buvette et un espace de vente de vêtements complétaient le dispositif, tandis que des activités comme le tir à l’arc et le volley-ball permettaient de prolonger la journée loin des planches et des voiles. Le programme prévoyait également une soirée musicale, samedi 17 octobre, avec plusieurs DJ sets, pour faire durer l’ambiance après les courses

Cette bonne ambiance comble les organisateurs du Grand Prix de l’Almanarre. Ils espèrent d’ailleurs voir leur projet se développer. « Dans l’idéal, on aimerait pouvoir organiser l’événement sur quatre jours et accueillir jusqu’à 300 participants, se projette Lucas Giraud, du HWO. Le but, ce n’est pas de reproduire le Défi Wind, mais de garder notre propre identité, avec cette volonté de réunir tous les supports au moins une fois par an. On aimerait aussi développer davantage les activités inclusives à terre et faire venir la scène internationale. L’objectif, c’est que le Grand Prix soit reconnu comme un événement majeur, mieux accompagné et valorisé, et qu’il continue à grandir », ajoute-t-il.
Cette édition, en partenariat avec Sun Valley, Funway Surf Shop et Mistral FM notamment, aura surtout remis en lumière ce qui fait le charme de l’Almanarre : un spot emblématique, des conditions propices à la glisse et une communauté capable de réunir champions, jeunes talents et amateurs autour d’une même passion. Sur l’eau comme à terre, le Grand Prix a rappelé que la compétition est aussi un moyen de transmission.
Résultats de la compétition : https://www.grandprixalmanarre.com/blank-1-1
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Crédit photo Une : Salomé Vermesch

